mardi 28 octobre 2008
Ta vie est un magazine culturel ?
pas de copinage ni rien, je ne connais pas ces gens là voyons...
vendredi 10 octobre 2008
Syntaxiquement incorrect ? Vive l'écriture expérimentale ! Retranscription intégrale !
Remonter dans les archives de la mémoire pas besoin car l’Antan est là intact malgré les ans Rachel vivait en coexistence permanente avec le passé et la vue d’une peau basanée lui rappelait les 1ers ans de sa vie ses 3 ans et le 1er visage aimée sa meilleure amie Ligie tout juste débarquée d’Afrique - Elle aimait la peau foncée inclinaison forcée parce que le visage avenant des 1ers être aimés étaient d’un ton café au lait la mère yeux noirs cheveux foncés peau hyper bronzée - L’ œdipe faute de père effectué sur un oncle sur nommé l’arabe par les skins de son quartier - Aussi son inconscient la portait forcément férocement sur un type d’homme. 2 critères permanents : commissures externes des yeux tirant sur le bas caractéristique principale du géniteur légal qu’elle avait vu pour la 1ere fois à l’âge de 6 ans et deuxième donc attirance incontrôlable aussi pour le voisin d’en face un dénommé Charaf que Kay fatalité lui avait fait remarquer tiens exactement ton style de mec épopée d’une tragédie annoncée fenêtre sur cour face à face - désigner l’objet perdu de l’amour à une fille qui croit au signes au Destin à Lacan prête à s’engouffrer au 1er tournant bien sensible à ses sens.
jeudi 2 octobre 2008
Say good night on a night like this
Aussi vais mettre entre parathèse ce fameux projet... sur le blog -afin de m'atteler plus à la structure au contenu stylistique et narratif du roman même. L'écriture d'un projet qui se veut romanesque et littéraire nécessite un isolement, une concentration extrême.
En ce moment, période difficile, dans son aspect matériel -argent, argent, argent- et spirituel -"où vais-je, qui suis je" and so on.
Depuis le commencement de ce blog plusieurs choses ont changé, les démons du passé sont venu me rattraper alors que je commençais tout juste à les exorciser et à en faire le deuil -deuil auquel contribuait justement l'écriture du projet R., dans un procédé de sublimation d'un vécu objectivement douloureux.
mercredi 1 octobre 2008
samedi 27 septembre 2008
Portrait de "l'auteure" by F.R
Le prince a les yeux bleus (Extrait 4)


Vue du prince
Rose avait le caractère ombrageux, hautain et colérique. Du jour au lendemain P., qui avait peur de tout se trouva pris au piège. Il cohabita officiellement avec elle. En pratique, il ne faisait que la croiser, évitant tout contact. Rose s’insurgeait et ne comprenait pas pareille variation : pourquoi la passion s’était donc ainsi tue, pourquoi le comme avant avait il disparu. P. prit sur lui pour ne pas être un monstre mais la guerre éclata déclarée par Tina. Ego versus ego, le demoiselle était, il faut le dire, caractérielle. La plaie de la relation s’infectait de jour en jour à coups de œil pour œil, à coups de dent pour dent. Rose sortait avec le frère pédéraste P. le lui reprochait : elle était enceinte non, c’est ce qu’elle voulait, il fallait donc un temps réfréner les sorties, l’étourdissement permanent, rester entre les murs. A cela Rose opposait une colère sans entraves, et de claquer la porte, de caresser son chat, revenir, proférer des insultes, sa seule spécialité en grande volubilité -lors les mots qui font mal. Elle était la première à dire que certains mots font plus mal que des coups et la première à utiliser ce type de mots. Empiriques paroles passant du retranchement à l’indécente exposition de l’affect tout cru dans ce qu’il a d’obscène et de plus pulsionnel. Paroles meurtrières, têtes chercheuses de l’endroit où abattre au sein de l’adversaire surtout s’il est aimé -stratégie suicidaire. Un soir elle asséna un alcoolique minable. " Alcoolique, peut être ! Mais minable : jamais ! " Le frère s’interposait, prenait soin de l’icône.
J'adhère
Le plus bel âge, de Didier Audepin
lundi 1 septembre 2008
L'un des plus grands écrivains contemporains nous a quiités
Depuis 2006, La Différence a, en effet, publié : Demoiselles de Numidie, Au bonheur des limbes, Une fleur dans la nuit, Ambre ou les Métamorphoses de l'amour, L'Enfant de marbre, Une fleur dans la nuit suivi de Sous le soleil et le clair de lune et Un martyr de notre temps.
" Qu'il s'agisse des romans ou des nouvelles, ces œuvres ont détonné dans le paysage littéraire. Qu'une voix d'une si profonde maturité, d'une ampleur passionnelle qui vous traîne vers le sublime à travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, émerge après des années de silence, et de surcroît en français venant du Caire via un éditeur parisien, n'a pu que sidérer les lecteurs, en état de choc. " Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdomadaire
« Mohamed Leftah est un fou de lecture et Au Bonheur des limbes un hymne au roman »
Josyane Savigneau, Le Monde.
« Une écriture agile, à la fois crue et poétique »
Hélène Perraudeau, Libération.
« Un styliste à la Genet. Voluptueux interprète des pulsions et des passions, il nous révèle la société marocaine à la lumière du désir sexuel »
Salim Jay, Match du monde.
« un roman sidérant, courageux, définitif pour contrer la barbarie de l’intégrisme, dans un désespoir outrageusement libre »
Jacques Sterchi, La Liberté de Fribourg.
« C’est la fragilité même de ce monde adoré, au bord de l’anéantissement, qui donne lieu à ces évocations d’une fulgurante intensité. Plus que la nostalgie, c’est l’hymne qui se dégage du livre, pour célébrer sans complaisance ni enjolivures l’esclavage intemporel de la prostitution »
Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdo.
« Alliant l’humour, l’alerte érudition et le plaisir du verbe dont témoignait déjà Demoiselles de Numidie, Mohamed Leftah célèbre avec eux les hommes des “limbes”. Il désigne ainsi, dans la foulée d’Evelyn Waugh le monde du “bonheur naturel, sans la vision béatifique” »
Jean-Maurice de Montremy, Livres Hebdo.
vendredi 29 août 2008
Extrait 3
Rose N ; aimait à sortir promener sa beauté qu’elle prenait pour acquise et même amplement due -la faire mirer aux autres, il fallait qu’elle prenne l’air. De nignt clubs enfumés à terrasses au soleil. Un air dédaigneux en même temps que bizarre dissuadait l’importun. Elle avait une cour qu’elle appelait " amis " et qui faisait barrage, la couvrait de louanges. Un jour Il arriva, changea la face du monde. C’était le Complément, le dessous de la carte. C’était le Compliment et l’Ultime Parrure. Le Seul à la contrer, tout aussi arrogant. Le Seul à ne pas tomber à genoux prosterné. Les yeux céruléens, les cheveux noir de jais. Ils jouèrent dans le même film se défiant du regard. Se déïfièrent tous deux en feignant la méfiance. Il était de sa caste en bien plus accompli. Elle adorait sa morgue à la doublure sensible. Le cliché du duel la toucha en plein Moi. Et s’inscrit dans son cœur comme un infanticide.
Le dernier tango ne dura que trois mois dans l’appartement du fiancé officiel qu’elle avait congédié d’un simple je ne t’aime plus. Elle était insensible aux larmes suppliantes, trouvait tout naturel qu’on lui laisse les clés car elle était la femme que Dieu avait crée, l’ultime créature, recevait les hommages qu’elle brisait comme les cœurs, le seul existant était le sien de pierre qui pourtant ne battait que lorsqu’elle l’avait décidé. Là où passaient ses pieds le blé ne poussait plus. Le flot des larmes versées n’avait qu’à s’assécher. Elle hébergea le Prince et exigea de lui pareille soumission. L’horloge biologique marque l’heure adéquate : il devait le payer. Le prince refusa notant il est trop tôt et cela me fait peur, voyons attend un peu et tout cela m’angoisse car je suis si phobique et comment un enfant peut-il en faire un autre. ? Elle baissa la tête, contrariée. Jamais pour ainsi dire on ne s’était plié à sa toute puissance : l’impérieuse volonté. L’enfant hypothétique, songeait Rose, pragmatique, était le seul moyen d’arrimer le beau prince –le millénaire lambda à dompter l’Attila. Feindre de prendre la pilule c’est si facile à faire.
Une fois au pied du mur, le beau prince éclata et faussa compagnie bien qu’il aimât la fille peut être plus que lui même., ne pouvant ingérer pareille trahison.
La Scarlett Rose N. se dit j’ai perdu une bataille, le combat reste à faire, et donc alors la guerre. Le ventre rond, accompagné d’un chartreux, le deuxième être aimé de son cœur gémellaire, alla trouver le père du prince qui tenta de recoudre l’enfant coupé en deux, l’ourlet des apparences des gens de condition.
mardi 26 août 2008
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jeudi 31 juillet 2008
Extrait2 "Tina"
Tina était ce qu’on peut appeler une jolie fille. Elle donnait même l’illusion d’être plus belle qu’elle ne l’était en réalité, quand on y regardait de plus près. Elle avait le visage rond, des yeux noirs en amande, un très joli nez droit, aquilin, digne de celui qu’on imaginait à Cléopâtre. Une bouche large et pleine. Quand elle souriait, ce qui était plus que rare, on découvrait des dents parfaitement rangées, comme un collier de perles. Ses cheveux châtains foncés mais qui paraissaient noirs étaient épais et lisses, coupés au dessus des épaules. Elle n’était pas très grande et son corps était un ravissement : de très jolies jambes hâlées, la taille marquée, les fesses rondes haut perchées, le ventre plat, les seins ronds ni gros ni menus, les épaules rondes aussi et bien droites, les attaches fines, le port altier. Pour en revenir à ses yeux, ils étaient le plus souvent maquillés de noir, ses sourcils étaient épilés fins, comme il était à la mode de le faire l’époque, car notre récit débute en même temps que les années 70. Tina était née au bon moment au bon endroit. Elle collait parfaitement à son temps, il était fait pour elle, et réciproquement. Elle en vint à l’incarner, littéralement, sur pellicule photo et cinématographique.
Extrait1

(Photo : Tina Aumont dans les années 70)
Roman/Fiction/Extrait
La synchronie de Young me taraude bien souvent jusque dans mes écrits
mercredi 30 juillet 2008
A l'intérieur

lundi 28 juillet 2008
Le pacte autobiographique ?
Vu du ciel, comme dirait l'heureux Rey, la littérature française actuelle flirte avec l'autofiction, de manière plus ou moins heureuse. Selon Anne Garetta le pacte autobiographique se solde de l'Aveu, forcément sexuel -l'aveu sexuel étant, selon elle, l'aveu ultime. Pas d'accord. A mon sens, l'aveu ultime est l'aveu affectif (qui peut évidemment se coupler à l'aveu sexuel, mais pas forcément). C'est justement pour cela que j'aime C.D, car l'aveu ultime n'est pas celui de, par exemple, la pratique prostitutionnelle littérale, dans Les mouflettes d'Atropos, mais l'aveu affectif dénué de toute sexualité, n'en déplaise aux psys et grands penseurs philosophiques et littéraires, celui du Cri du sablier, qui est le point de départ de qui elle est, et je dirais même l'explication d'être de C.D l'écrivaine-personnage de fiction (l'écrivaine ne formant qu'un avec le personnage de fiction, question de survie). L'aveu affectif du cri est celui de l'amour porté aux parents, au père monstre, à la mère indifférente, l'aveu de la petite fille : parents morts tout deux dans un contexte extra ordinaire, contexte qui a lui seul aurait pu donner lieu à un ouvrage témoignage choc tel qu'on en voit 30 000 depuis quelques années ; du reste la thématique a été exploitée par une autre, absolument pas écrivaine, dans un écrit vain : Mon père a tué ma mère, de Leste Mess (du Loft 2).
Après le Cri C.D a commis 2 ouvrages consécutifs autofictionnels, allant jusqu'au bout de sa thématique-théorie autofictionnelle, pour ensuite s'attaquer à autre chose (Certainement pas, Transhumances, La nuit je suis Buffy Summers -entre autres bien entendu). Récemment elle est revenue à l'auto fiction pure, avec Dans ma maison sous terre, à paraître, et dans son blog fait état de l'expérience éprouvante qu'est l'auto fiction.
En effet l'auto fiction jusqu'au boutiste peut être périlleuse, pour une raison toute simple : l'interférence vie réelle et la mise en littérature de cette vie. La vie réelle est chaos, ses divers protagonistes poursuivent leur chemin en free style, les acteurs de la vie de l'écrivain sont encore là (morts ou vivants du reste) et viennent à se rappeler à son bon souvenir. Exemple dans le cas de C.D : tentatives de renouer avec icelle de la part de la famille (on peut être orphelin et de famille nombreuse). C.D étant plus intransigeante que moi par exemple, elle refuse tout renouement de lien (ce qui n'est pas mon cas, je suis orpheline certes, pas de père seulement, pour parler effectif ; de mère assurément seulement elle vit encore et de plus rien n'y fait je l'aime c'est là le drame mais arrêtons les larmes).
L'isolement comme la sublimation par l'écriture sont des questions de survie. Ma survie personnelle passe par l'écriture. Seulement. Justement... Alors que j'ai enfin digéré certains faits et que je suis enfin prête à la mise en écriture de ceux ci (par un roman à clé plutôt que par un ouvrage pleinement et intrinsèquement autofictionnel) les acteurs principaux viennent à se rappeler à mon bon souvenir.
A la base quand j'ai entamé ce fameux Projet R., j'avais idée que, publié ou non, mais surtout publié, ce ne serait pas une mince affaire que de dealer avec les acteurs de ce livre. Certains sont au courant, ou s'en doutent, mais cela ne pose pas problème. D'autres sont morts ou ne lisent pas de livres ni d'écrits tout courts (fussent ils des plus simplistes). D'autres encore ne sont plus aucunement en lien avec moi, et tenteraient ils de l'être en me réclamant je ne sais quel du, que je les enverrai paitre (de surcroit ils ont été de long en large et de long en larmes avertis depuis au moins 8 ans, que j'écrivais sur ma vie). Par contre, au delà de tout ça, il y a les innocents. C'est à dire ceux qui lisant l'écrit en pourraient être certainement affectés (je pense à une personne devenue personnage en particulier). Et même les bourreaux sont innocents quand ils n'ont plus la raison. Mais si la folie n'excuse pas la connerie ou la méchanceté.
J'ai bien malgré moi expérimenté ce clash réel-autofiction, je l'expérimente en ce moment même, c'est assez violent. Des pages que je croyait tournées, des distances que je pensais acquises, se sont pulvérisées. Par ailleurs, revivre certains faits réels par le biais de l'écriture, même si on prend toutes les précautions nécessaires -faire un roman à clé, ne pas publier sur le blog quelque chose qui puissent heurter ou concerner quelqu'un le lisant, dans mon cas- n'est pas de tout repos. Mais c'est quelque chose de nécessaire : pour la sublimation, pour les idées à générer. J'ai toujours écrit, c'est ma vocation, mon kif, ma bataille. On n'écrit jamais que sur ce que l'on connait, fut-ce des choses connues sur le mode fantasmatique. Avec le projet R. j'ai l'intention, avant tout, de faire un ouvrage littéraire, c'est vers cela que je m'oriente, et non var la psychanalyse ou le « ça fait du bien d'écrire tout ça » (car pour ce genre de choses j'ai mon journal intime ou les psy par exemple).
Cela dit, il y a autre chose. Je ne nie pas que je suis devenue cet être écrivant, écrivant de cette manière là, parce que j'ai vécu ces dites choses. Parce que quand la réalité dépasse la fiction, que d'aucuns des rares confidents soit peinent à croire que l'on dit vrai, soit sont heurtés par tant d'horreur, on finit par se retrancher ailleurs, et devenir véritablement un personnage de fiction.n
Dernière chose, si je saoule bien des gens avec C.D ce n'est pas par fan athéisme ou fanatisme, mais parce qu'aucun lecteur n'est neutre, encore moins lorsqu'il prétend écrire. La démarche de C.D me touche et pour cause -d'une part. D'autre part son rapport à l'auto fiction me semble époustouflant, même si je n'adhère pas à tout. Et pour finir, c'est l'écrivain le plus intéressant du moment. Un ami me faisait récemment part de sa préférence pour MBK, et pour cause : MBK lorsqu'il était encore écrivain, MBK que j'ai connu, fait état d'un autre type d'auto fiction qui se veut d expérimenter toutes les ressources de son corps (genre « tiens ça me fait ça quand je couche avec bidule, ou quand je me drogue, je vais aller jusqu'au bout du truc, au delà des limites de mon corps » -je caricature mais Mr Kacem n'est pas le dernier à caricaturer ou carrément mentir). Par hasard il se trouve que cet ami, qui n'a connu MBK que par les livres, se targue d'expérimenter la même chose, notamment dans son mode de vie. On n'est jamais un lecteur objectif, si littérateur soit on.
lundi 21 juillet 2008
PS (suite Dans l'enfer de la téléphonie)
et comme Faudel
Et pardon pour vos oreilles
jeudi 17 juillet 2008
DANS L'ENFER DE LA TELEPHONIE ou Prends donc un taff !
Hypocrisie tendue, propos racistes de tout bords (et tous les bords me touchent), parasitage du cerveau que la tâche en elle même qui consiste à enchaîner appel sur appel en un temps minimum et rentable tout en rabâchant le même texte à l'infini avec pour injonction de prendre en saisie quasi instantée dans un espace restreint (cad fais le plus court possible, de toute façon au bout d'un certain nombre de mots dans le commentaire, ta phrase est bridée via manip informatique). Mon contrat devait prendre fin, on me fit comprendre, de façon très euphémisée mais irrespectueuse, qu'on avait plus besoin de mes services, notamment parce que je pris la liberté d'un congé sans soldes, pour me dire par la suite que j'avais (comment traduire) intérêt à revenir car quand même je fais du chiffre, je suis un bon élément, et surtout parce que les 2 personnes qui étaient supposées me remplacer se sont désistées au dernier moment. Oh combien je me sens à l'aise ! Claquer la porte ? Me restent 15 jours à tenir dans une ambiance spéciale et des conditions délétères et pour couronner le tout -mais j'en suis en partie l'instigatrice lassée- papotage tourne en rond du boulot en lui même, avec toutes les variations prosaïques possibles et imaginables "A bla bla salaires, gna gna gna pas sympa, tatati mauvaise ambiance, machin chose bizarre, gagou punition, argh bientôt virée et chould aie staye orgo" Ok au début j'étais de celle qui avait participé mais là c'est parti en free style, et les conversations se font au ras du sol, et me bouffent à l'aller comme au retour, pas d'empathie ni de communication possible, genre disque rayée, oreilles saignantes de rabâchages, en gros et pour finir, j'ai l'impression de faire des heures sup de mon temps libre et pour couronner le tout quand je rentre voir mon dulciné j'éclate de haine, de dégoût et de colère, complètement hystérique. Je gagne ma vie certes, plus pour longtemps cela dit, mais j'ai l'impression que ma façon de gagner ma vie me la bouffe, la vraie, de vie, et au moment où j'écris ce texte hein qu'est-ce que je fais, ah ce taff me poursuivra jusqu'à mon blog, c'est j'habite le téléphone l'ambiance, je vais finir hôtesse au Banana Club, cela s'apparentera encore moins à de la prostitution.
Robert Smith A Forest
Why I'm in love with Serge Gainsbourg (contraitement aux rumeurs, il n'y pas pas que Roschdy Zem, Anelka dans ma vie. -hum)
J APPUIE SUR LA GACHETTE by young NTM
mardi 15 juillet 2008
dimanche 13 juillet 2008
1ère page
J'ai hésité à mettre en ligne le remaniement de l'introduction du roman. C'est un travail en cours, mais je pense posséder la version définitive de la 1ère page -qui est capitale puisqu'en gros, à moins de posséder un passe droit quelconque, un manuscrit envoyé par la poste sera lu de la façon qui suit : 1ère page, dernière page et un passage pris au hasard vers le milieu. Tout avis est bien entendu le bienvenu, quel qu'en soit l'émetteur.
"La maladie s’est déclarée de façon insidieuse, gagnant par palier l’organisme psychique, neurone par neurone, synapse par synapse, pour venir gangrener l’organisme tout entier dans sa réalité psychique et extérieure. L’étiolement -paradoxe de se présenter comme une spectaculaire amélioration d’être, dans l’énergie, l’aisance Maîtrise de toutes les facultés –un éclat certain. En vérité un éclatement de la personnalité, une violente déflagration, effondrement de toutes les défenses précieusement acquises au fil de 24 ans. De ci, de là les morceaux/décombres/débris se rassemblèrent comme la marche arrière d’une séquence/image filmique, se reconstituèrent, cicatrisant, reliant les fibres de tissus de façon serrée pour former un ensemble certes homogène mais catastrophique -à vif et torturé. Rien de tout cela n’était visible. N’était perceptible qu'un semblant trompeur, parfaitement illusoire, de beauté, de syntonie.
Les symptômes : une formidable vitalité. La suite pourtant logique : l’hyperactivité, puis un état maniaque. Une facilité soudaine à se sentir bien où qu’elle fut –je dis elle, je dis : Rachel- créer des liens, parvenir à ses fins, atteindre des buts jusqu’alors restés hors de portée. Etat initial prodigieusement inversé. Timidité transformée en sociabilité, en adaptabilité -capacité à manifester son être en harmonie avec le reste environnant. Sociabilité, aisance à prendre la parole en public, assurance, mise à disposition des acquis jadis handicapés : intelligence, beauté jusqu’alors entravés. Emprise de la cocaïne disaient certains. Economie de cocaïne corrigeaient les autres. Les autres avaient raison ? C’était tout aussi intense que le 1er rail de cocaïne, avec pour différence que le déclin ne survenait pas -pas encore. Comme le plus haut d’un rail de coke en permanence. H 24. Cocaïne qu’elle n’avait jamais touchée, à peine vue. Rachel vierge de substance illégale, quelques broutilles mises à part. Elle ne buvait pas, lors –une admirable ascèse- et sa tabagie n’avait pas débutée. Nouvel état déclenchant justement addictions restées hypothétiques et normalement impossible -entre autre sauterelles. Et Rachel de se croire en l’état le plus clean qui soit, rien à signaler dans les analyses -freudiennes mises à part. On disait Rachel résiliente, résistante, résistante à tout dérèglement –tant de choses innommables, tant de faits résumables au-delà du concevable étaient venues frapper, l’avaient laissée intacte.
Mais.
Mais on avait touché au cœur symbolique et sanglant. Inconscient maladroitement manipulé : le docteur Abzé avait laissé des trous béants, de vertigineux vides, déplacements des défenses -intervention bâclée. Donc réaction en masse. Dérèglement. Des systèmes de secours s’étaient lors mis en place. Urgence de rééquilibrer le tout. Sauver au possible. Maintenir une structure menacée. Faire ce qu’on pouvait. Et pour ce déclencher un état maniaque. C’était si bon si dangereux. Elle ne se rendait compte de rien. Retranchée en Anosognosie –sans psychose pourtant –une question de structure. Elle courait droit à sa perte tel le camé novice qui se sent si bien et semble si cool et en forme aux yeux naïfs de tout bon néophyte. Sauf que droguée, elle n’était pas. C’était pire. Elle s’auto prodiguait l’élixir dangereux, issu de son soma -son propre refoulé désormais explosé alimentait la jeune fille dans cet état nouveau –bien maintenus les nerfs. Elle ne se rendait compte de rien. Se sentait bien mieux oui : tout semblait si facile. Tachypsychie triomphante de jour en jour plus grande. Aucun obstacle à cela. Evolution par trop soudaine dont Rachel n’avait pas relevé le singulier changement. Intellligence astucieuse renonçant à prendre note –contentée de tourner à vide. Tout allait si vite, elle n’avait pas le temps de tout analyser, trop occupée à vivre. "
L'Attente by Karim C.

Pourquoi arriver aux ASSEDICS pour de maigres indemnités qui seront liquidées après avoir attendu dans la salle d'attente du dentiste parce que depuis 2 mois j'ai une forte rage de dents qui est insupportable mais j'ai peur de la fraise alors j'ai attendu d'aller mieux.? Raté. résultat une dent arrachée et une plombée. Peur, manque de courage, manque de Fric. L'argent. voilà mon problème et le problème de la société. tout le monde l'attend d'une façon hypnotique. Que l'on soit riche -pour le faire fructifier- pauvre -pour manger-. Il nous déconnecte de la raison. Il devient le maître de ma vie, de mon attente. La vie empirique l'emporte sur la Raison. Je ne peux être un sage parce que je mangerai pas de ma Raison. Alors j'utilise mes mains et je découpe des cuisses de poulet dans une usine. Boulot trouvé dans une boite d'intérim où je faisais le pied de grue. je suis habile de mes deux mains : je m'emmerdais tellement en cours que j'ai appris à me servir des deux avec une telle rage et dextérité que je suis devenu ambidextre indéniable. Comme j'étais déjà habile et que l'école m'ennuyait je n'ai pas continué plus haut que le Brevet des Collèges. J'ai tenté le CAP Menuiserie. prise de conscience soudaine de trop de travail donc arrêt du projet au bout d'une semaine et demie parce que mine de rien on se complaît dans l'Attente ou on ne la réalise consciemment pas. Je ne la réalisais pas à cette époque. Peut être étais je jeune ou con. Les poulets devant moi passent et se ressemblent comme les murmures et les minutes qui passent. Je pense déjà au repos que je vais prendre ce soir pour masquer mon ennui. Mon esprit vagabonde et j'observe pour pallier mon attente. l'homme face à moi ne me regarde pas il est concentré sur son travail, son regard simiesque ne brille pas par l'intelligence, à 1ère vue. Je l'interpelle. Le choc est direct, la connexion avec le cerveau se fait brutalement, la seule réponse qu'il trouve est un grognement parce qu'il vient de laisser passer un ou deux poulets. Sa barbe, sa stature et surtout ses arcanes supérieures lui donnent l'aspect d'un homme des cavernes alors je l'imagine frappant de sa massue sur une espèce de poule préhistorique et la manger directement, crue, comme le fait un fauve parce n'a pas encore appris à domestiquer le feu. je ris, ce petit délire m'a permis un bon petit moment d'escapade et le cycle infernal des machines me rappelle à la réalité et je m'aperçois que mes mains elles seules ont continué le travail, machinalement, sans ma raison. L'Attente est une machine, elle possède ses rouages. On l'apprend vite et elle ne se perd jamais. C'est un quotidien. On peut jouer avec l'Attente mais elle est juste derrière, c'est le plus souvent notre propre réflexion qui essaye de la déjouer. On se demande mais qu'est-ce que je pourrais faire pour passer ce moment ? alors on délire ou on communique ou on agit. Moi je fantasme. Me voilà arrivé à l'hypermarché non pas par envie mais par besoin; De toute façon la vie est surtout faite de besoin plus que d'envie. On ne profite plus : on a besoin. Le confort n'est plus quelque chose de secondaire mais un besoin. Et tout ira en empirant. On attendra et inventera toujours plus de besoins et personne ne pourra nous arrêter. C'est pour cela qu'il y a plein de monde à la sortie du travail dans les magasins. ils ont tous attendu la fin du travail pour être libres et ils se barricadent dans les endroits où ils attendront encore -comme moi. L'esprit commun. Et je fantasme... Je me vois déambuler à fond la caisse dans les rayons avec chariots à commande électrique en contournant les gens et les obstacles. Le jeu serait de faire ses courses et de payer le plus vite possible. tout cela pour gagner... "63euros53, s'il vous plaît". Je pose mon regard sur la caissière après avoir fait 30 minutes de queue, je la paie. Je rentre chez moi, toujours dans les embouteillages. La journée est presque terminée. L'Attente va bientôt finir jusqu'au lendemain matin... si je me réveille. Mais même ce jour là où je ne me réveillerai pas, qui me dit que l'attente sera finie ? Même le sage ne le sait. Et ceci est mon lot quotidien : l'Attente toujours elle et à tout moment, du matin au soir... et les nuits d'insomnies où je prends mon courage et je la défie... Alors je prends mon courage et la défie. Alors j'écris avec acharnement pour faire comprendre au monde ma vie. je la déverse sur ces quelques lignes que tu lis. tu attends comme moi un événement qui lance ton intérêt comme celui que j'attends dans la vie, mais tu rêves et tu as de l'espoir. Je veux que toi lecteur tu attendes aussi longtemps que moi comme un con devant une histoire où rien que de l'ennui s'installe et là tu comprendras ce que je ressens mais aussi ce que la plupart des gens ressentent dans leur vie de misère. "Métro boulot dodo est notre slogan, notre marque de fabrique que la société nous a donné. Je ne la blâme pas du tout de nous avoir fabriqués tels que nous sommes mais je pense que la révolution industrielle nous a esclavagés. Nos chaînes seront détruites quand Je et Nous prendrons l'attribut ultime de l'homme, la Raison. L'attente sera finie. Elle nous explosera en pleine face et la déflagration se propagera partout, dans le moindre recoin. Et ce jour là toi tu me liras plus, tu n'auras plus besoin de tromper ton attente en lisant telle ou telle connerie et moi je n'écrirai plus. Notre raison nous permettra de nous concevoir seuls. Elle nous amènera de la passivité commune de notre slogan à une individualité plurielle qui fera de nous une société aux bases solides et dignes. Notre société deviendra comme Dieu, unique, non commune mais individuelle. Parce que Dieu est unique en son Nom. Il n'est pas commun selon nos croyances personnelles, Son Nom est le même dans chaque religion mais on ne le vénère pas de la même façon et ces vénérations seront encore divisées par nos croyances propres, nos us et coutumes et notre éducation. Donc il deviendra individuel. Certains lui demanderont la gloire d'autres la paix. La vision de Dieu n'est pas commune mais individuelle et lui est unique. Moi, je l'implore et lui demande l'éclosion de ma raison et la fin de mon attente. je ne sais pas si il m'entend parce que j'ai toujours l'impression d'attendre. Mais peut-être que ce texte que je sème est la coquille de l'oeuf et que toi lecteur tu es l'oisillon qui percera la coquille. Élève toi !
samedi 12 juillet 2008
Pull marine

mardi 8 juillet 2008
dimanche 6 juillet 2008
Dixit Chloe Delaume
Rachel

samedi 28 juin 2008
Oui : Elle.
jeudi 26 juin 2008
L.
mercredi 18 juin 2008
Les essences L.

"C'était la même enfant - les mêmes épaules graciles aux reflets de miel, le même dos souple et soyeux et nu, la même chevelure châtaine. Le foulard noir à pois qui ceignait son torse cachait à mes yeux de simien sénescent, mais non point aux regards d'une mémoire toujours vivace, les seins juvéniles que j'avais caressés un jour immortel. Et, telle la nourrice d'une petite princesse de conte de fées (disparue, enlevée et découverte enfin, dans des haillons de bohémienne à travers lesquels sa nudité sourit au roi et à ses lévriers), je reconnus sur son flanc le signe bistre d'un minuscule grain de beauté. Hagard et extasié (le roi pleurant de bonheur, les trompes sonnant en fanfare, la nourrice ivre morte), je revis l'adorable courbe rétractile de son abdomen, où s'étaient jadis recueillies mes lèvres descendantes, et ces hanches enfantines où j'avais embrassé l'empreinte crénelée laissée par l'élastique de son short - dans la fièvre de cette ultime et impérissable journée, derrière les Roches Roses. Les vingt-quatre années que j'avais vécues depuis se fondirent jusqu'à n'être plus qu'une flammèche imperceptible, qui palpita un instant et s'éteignit."

«Les cauchemars, c'est ce que les rêves deviennent toujours en vieillissant.»
«C'est toujours dans les yeux que les gens sont les plus tristes.»
«C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur.»
Extraits :
"La première chose que je peux vous dire c'est qu'on habitait au sixième à pied et que Madame Rosa, avec tous ces kilos qu'elle portait sur elle et seulement deux jambes, c'était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines."
"Le docteur Ramon est même allé chercher mon parapluie Arthur, je me faisais du mauvais sang car personne n'en voudrait à cause de sa valeur sentimentale, il faut aimer."
"Les gosses sont tous très contagieux. Quand il y en a un, c'est tout de suite les autres. On était alors sept chez Madame Rosa, dont deux à la journée, que Monsieur Moussa l'éboueur bien connu déposait au moment des ordures à six heures du matin, en absence de sa femme qui était morte de quelque chose."
de l'auto fiction, qui décrit l'entré du sida dans la vie de l'écrivain, maladie dont il mourra, avec, comme invités involontaires et prestigieux Michel Foucault (sous le nom de Musil) et Isabelle Adjani (Marine) qui en prennent pour leur grade. Le style de Guibert est sophistiqué, le propos n'épargne personne... même pas lui même, même si il tend via ce style, et ceux qui suivront, comme bon nombre d'écrivain, à s'assurer une légende post mortem et qu'il est donc à part des autres "protagonistes". Un des travaux les plus intéressants dans le domaine d'écriture de soi. Hervé Guibert était aussi journaliste, photographe, scénariste, vidéaste.Projet R.
jeudi 12 juin 2008
Teaser
Les symptômes étaient donc une formidable vitalité, dont la suite pourtant logique allait être l’hyperactivité puis un état maniaque. Une facilité soudaine à se sentir bien où qu’elle soit/fut, à créer des liens, à parvenir à ses fins, atteindre des buts qui jusqu’alors lui étaient restés hors de portée. De fait, l’état initial s’était prodigieusement inversé. La timidité s’était transformée en sociabilité, en adaptabilité, en capacité à manifester son être en harmonie avec le reste l’environnant. Sociabilité, aisance à prendre la parole en public, assurance, mise à disposition des acquis jusqu’alors handicapés, l’intelligence, la beauté qui jusqu’alors avaient été bridés. Emprise de la cocaïne auraient dit certains. Économie de cocaïne, auraient corrigé d’autres. Les autres avaient raison. C’était tout aussi intense que le 1er rail de cocaïne, avec pour différence que le déclin ne survenait pas -"pas encore" auraient prédit les autres, et ils avaient encore raison. C’était comme le plus haut d’un rail de coke en permanence. H 24. La cocaïne qu’elle n’avait jamais touchée et à peine vue. Elle était vierge de substance illégale, quelques broutilles mises à part. Elle ne buvait pas. Et sa tabagie n’avait pas débuté. Ce nouvel état allait déclencher justement son intense tabagie en hypothèse, entre autre sauterelles. C’était l’état le plus clean qui soit, rien à signaler dans les analyses, freudiennes mises à part. Hormis. Hormis qu’on avait touché au cœur symbolique et sanglant. Son inconscient avait été maladroitement manipulé, on avait laissé des trous béant, de vertigineux vides, déplacements des défenses. Et réaction en masse. Dérèglement. Des défenses de secours s’étaient mise en place. Urgence de rééquilibrer le tout. Sauver ce qui était sauvable. Maintenir une structure menacée. Faire ce qu’on pouvait. Et déclencher un état maniaque. C’était si bon et si dangereux. Elle ne se rendait compte de rien. Elle courait droit à sa perte. Comme le camé nouveau qui se sent si bien et semble si cool et en forme aux néophytes. Sauf que camée, elle n’était pas. C’était pire. Elle ne se rendait compte de rien. Elle se sentait bien mieux oui, tout semblait si facile, évolution soudaine dont elle n’avait pas relevé le changement. Car tout allait si vite, elle n’avait pas le temps de tout analyser, trop occupée à vivre.
mardi 10 juin 2008
La seule et unique (nouvelle publiée dans Aber)
RITA WELCH, ACTRICE DE LA MGM, VOUS LE DIT : « JE NE VAIS JAMAIS DEHORS SANS AVOIR MIS MA CREME NIVEA POUR PROTEGER MON VISAGE ! »
FORD : LA VOITURE PREFEREE DE LA STAR RITA WELCH !
« IGLOO ? LA MEILLEURE GLACE AU MONDE ! » DIT RITA WELCH.
Rita Welch ! Mon Dieu ! Rita Welch.
Margarita Casino était un nom choquant parce qu'il n'était pas américain. Elle avait beau dire que seul le nom de famille changeait (« Rita c'est toujours Margarita »), personne ne l'avait jamais appelée Rita avant cette décision ridicule. Il ne fallait pas que les spectateurs sachent que leur petite star adorée était une mexicaine ; voilà le sens de l'histoire. Et elle, intelligente et forte comme elle était, elle avait accepté, sans dire un mot. Il n'y avait pas que son nom qu'ils avaient changé. Heureusement qu'elle nous avait dit, à moi et à nos parents, à quel moment on la voyait dans le film, car nous ne l'aurions, sinon, jamais reconnue. Quand on l'avait revue, ensuite, nous nous étions rendus compte à quel point elle avait changé, sans pouvoir préciser exactement de quelle façon.
A la base, je n'étais pas plus intelligente que Maggie. On m'avait donné le rôle de la petite sauvage taquineuse dès le début. Margarita était la plus belle fille du quartier, la mieux habillée de la ville et la meilleure danseuse de toute la Californie. Et bientôt, sans nul doute, la femme la plus connue au Monde. Je ne pouvais pas lutter, elle avait pris trop d'avance sur moi ; j'aurais eu bien du mal à pouvoir la rattraper et puis je n'étais pas portée à faire des choses pénibles comme passer des heures à me peindre la figure, onduler mes cheveux avec un fer à friser, se tenir droite, souriante, et essayer pendant des heures des vêtements devant un miroir. Et j'aurais encore moins aimé minauder devant des garçons débiles ou m'ennuyer et avoir mal aux pieds dans une paire de chaussures à talons et rester debout dans une salle trop chauffée.La splendeur de ma sœur m'avait poussé à trouver ce qu'il y avait de bien et de différent en moi. Et plus mes parents dépensaient de l'argent pour ses vêtements, son coiffeur, ses cours de danse, de chant et de théâtre, et plus on me la montrait comme exemple et plus j'avais envie de ressembler à un garçon, et de lire, et de jouer au foot, et d'avoir les cheveux emmêlés, des vêtements sales, réfugiée dans l'enfance.Et quand je n'en pouvais plus de supporter tout ce beau monde (mon père faible, ma mère idiote, ma sœur faible, idiote, crâneuse et paresseuse) je m'en allais (personne ne s'en apercevait) jouer au foot avec les garçons du quartier.Je ne parlais presque jamais avec Maggie ; elle était dans un autre monde depuis longtemps. Je ne parle pas là d'un monde qui existerait à l'extérieur, mais de celui qu'elle s'était fait dans sa tête. Il y avait trop de monde à l'entourer, à l'admirer, à l'espionner, à l'aimer, à l'aider et à lui faire mille compliments. La seule façon d'avoir une conversation avec elle c'était d'écouter ses débilités. Et vous savez le pire dans cette histoire ? Sans me l'avouer à moi-même je trouvais tout ça follement intéressant.
- Et tu as déjà vu Humphrey Biggy en vrai ?
La plus souvent, malgré que nous ayons de mauvaises relations, j'étais la seule à poser des questions. C'était à sens unique, sans retour.D'aussi loin que je m'en souvienne, elle n'a jamais été intéressée par ma vie… sauf une fois.
Ce jour, je le garderai toute ma vie gravé dans ma mémoire.
C'était un jour où j'étais à traîner dans l'entrée de la maison, en bas des escaliers. J'attendais Vin, mon meilleur ami, pour aller jouer au foot. Je portais un sweat-shirt très large, déformé en plus d'être sale, et un bermuda de garçon qui découvrait mes genoux écorchés ; j'avais aux pieds des chaussures pleines de boue. Je m'amusais à taper le ballon de foot contre les murs ou dans les escaliers. Quand le ballon revenait vers moi, il ne fallait pas le manquer.Le ballon rebondissait dans les escaliers quand je vis des chaussures de satin, les jambes de pain d'épice, un short très chic et bien coupé – un short pour faire joli, mais pas pour faire du sport - un pull très très moulant, à col en V, un collier de perles et des bracelets du même genre. La balle revint vers moi et je donnai un grand coup – je ne sais pas pourquoi, c'était plus fort que moi. Ses cheveux étaient ondoyants et soyeux, ses sourcils étaient deux arcs très fins ; sa bouche, qu'elle avait maquillée de rouge, toujours à moitié souriante, même quand elle était de mauvaise humeur, sa bouche, dis-je, ressemblait à un fruit mûr.








