Tina était ce qu’on peut appeler une jolie fille. Elle donnait même l’illusion d’être plus belle qu’elle ne l’était en réalité, quand on y regardait de plus près. Elle avait le visage rond, des yeux noirs en amande, un très joli nez droit, aquilin, digne de celui qu’on imaginait à Cléopâtre. Une bouche large et pleine. Quand elle souriait, ce qui était plus que rare, on découvrait des dents parfaitement rangées, comme un collier de perles. Ses cheveux châtains foncés mais qui paraissaient noirs étaient épais et lisses, coupés au dessus des épaules. Elle n’était pas très grande et son corps était un ravissement : de très jolies jambes hâlées, la taille marquée, les fesses rondes haut perchées, le ventre plat, les seins ronds ni gros ni menus, les épaules rondes aussi et bien droites, les attaches fines, le port altier. Pour en revenir à ses yeux, ils étaient le plus souvent maquillés de noir, ses sourcils étaient épilés fins, comme il était à la mode de le faire l’époque, car notre récit débute en même temps que les années 70. Tina était née au bon moment au bon endroit. Elle collait parfaitement à son temps, il était fait pour elle, et réciproquement. Elle en vint à l’incarner, littéralement, sur pellicule photo et cinématographique.
jeudi 31 juillet 2008
Extrait2 "Tina"
Tina était ce qu’on peut appeler une jolie fille. Elle donnait même l’illusion d’être plus belle qu’elle ne l’était en réalité, quand on y regardait de plus près. Elle avait le visage rond, des yeux noirs en amande, un très joli nez droit, aquilin, digne de celui qu’on imaginait à Cléopâtre. Une bouche large et pleine. Quand elle souriait, ce qui était plus que rare, on découvrait des dents parfaitement rangées, comme un collier de perles. Ses cheveux châtains foncés mais qui paraissaient noirs étaient épais et lisses, coupés au dessus des épaules. Elle n’était pas très grande et son corps était un ravissement : de très jolies jambes hâlées, la taille marquée, les fesses rondes haut perchées, le ventre plat, les seins ronds ni gros ni menus, les épaules rondes aussi et bien droites, les attaches fines, le port altier. Pour en revenir à ses yeux, ils étaient le plus souvent maquillés de noir, ses sourcils étaient épilés fins, comme il était à la mode de le faire l’époque, car notre récit débute en même temps que les années 70. Tina était née au bon moment au bon endroit. Elle collait parfaitement à son temps, il était fait pour elle, et réciproquement. Elle en vint à l’incarner, littéralement, sur pellicule photo et cinématographique.
Extrait1

(Photo : Tina Aumont dans les années 70)
Roman/Fiction/Extrait
La synchronie de Young me taraude bien souvent jusque dans mes écrits
mercredi 30 juillet 2008
A l'intérieur

lundi 28 juillet 2008
Le pacte autobiographique ?
Vu du ciel, comme dirait l'heureux Rey, la littérature française actuelle flirte avec l'autofiction, de manière plus ou moins heureuse. Selon Anne Garetta le pacte autobiographique se solde de l'Aveu, forcément sexuel -l'aveu sexuel étant, selon elle, l'aveu ultime. Pas d'accord. A mon sens, l'aveu ultime est l'aveu affectif (qui peut évidemment se coupler à l'aveu sexuel, mais pas forcément). C'est justement pour cela que j'aime C.D, car l'aveu ultime n'est pas celui de, par exemple, la pratique prostitutionnelle littérale, dans Les mouflettes d'Atropos, mais l'aveu affectif dénué de toute sexualité, n'en déplaise aux psys et grands penseurs philosophiques et littéraires, celui du Cri du sablier, qui est le point de départ de qui elle est, et je dirais même l'explication d'être de C.D l'écrivaine-personnage de fiction (l'écrivaine ne formant qu'un avec le personnage de fiction, question de survie). L'aveu affectif du cri est celui de l'amour porté aux parents, au père monstre, à la mère indifférente, l'aveu de la petite fille : parents morts tout deux dans un contexte extra ordinaire, contexte qui a lui seul aurait pu donner lieu à un ouvrage témoignage choc tel qu'on en voit 30 000 depuis quelques années ; du reste la thématique a été exploitée par une autre, absolument pas écrivaine, dans un écrit vain : Mon père a tué ma mère, de Leste Mess (du Loft 2).
Après le Cri C.D a commis 2 ouvrages consécutifs autofictionnels, allant jusqu'au bout de sa thématique-théorie autofictionnelle, pour ensuite s'attaquer à autre chose (Certainement pas, Transhumances, La nuit je suis Buffy Summers -entre autres bien entendu). Récemment elle est revenue à l'auto fiction pure, avec Dans ma maison sous terre, à paraître, et dans son blog fait état de l'expérience éprouvante qu'est l'auto fiction.
En effet l'auto fiction jusqu'au boutiste peut être périlleuse, pour une raison toute simple : l'interférence vie réelle et la mise en littérature de cette vie. La vie réelle est chaos, ses divers protagonistes poursuivent leur chemin en free style, les acteurs de la vie de l'écrivain sont encore là (morts ou vivants du reste) et viennent à se rappeler à son bon souvenir. Exemple dans le cas de C.D : tentatives de renouer avec icelle de la part de la famille (on peut être orphelin et de famille nombreuse). C.D étant plus intransigeante que moi par exemple, elle refuse tout renouement de lien (ce qui n'est pas mon cas, je suis orpheline certes, pas de père seulement, pour parler effectif ; de mère assurément seulement elle vit encore et de plus rien n'y fait je l'aime c'est là le drame mais arrêtons les larmes).
L'isolement comme la sublimation par l'écriture sont des questions de survie. Ma survie personnelle passe par l'écriture. Seulement. Justement... Alors que j'ai enfin digéré certains faits et que je suis enfin prête à la mise en écriture de ceux ci (par un roman à clé plutôt que par un ouvrage pleinement et intrinsèquement autofictionnel) les acteurs principaux viennent à se rappeler à mon bon souvenir.
A la base quand j'ai entamé ce fameux Projet R., j'avais idée que, publié ou non, mais surtout publié, ce ne serait pas une mince affaire que de dealer avec les acteurs de ce livre. Certains sont au courant, ou s'en doutent, mais cela ne pose pas problème. D'autres sont morts ou ne lisent pas de livres ni d'écrits tout courts (fussent ils des plus simplistes). D'autres encore ne sont plus aucunement en lien avec moi, et tenteraient ils de l'être en me réclamant je ne sais quel du, que je les enverrai paitre (de surcroit ils ont été de long en large et de long en larmes avertis depuis au moins 8 ans, que j'écrivais sur ma vie). Par contre, au delà de tout ça, il y a les innocents. C'est à dire ceux qui lisant l'écrit en pourraient être certainement affectés (je pense à une personne devenue personnage en particulier). Et même les bourreaux sont innocents quand ils n'ont plus la raison. Mais si la folie n'excuse pas la connerie ou la méchanceté.
J'ai bien malgré moi expérimenté ce clash réel-autofiction, je l'expérimente en ce moment même, c'est assez violent. Des pages que je croyait tournées, des distances que je pensais acquises, se sont pulvérisées. Par ailleurs, revivre certains faits réels par le biais de l'écriture, même si on prend toutes les précautions nécessaires -faire un roman à clé, ne pas publier sur le blog quelque chose qui puissent heurter ou concerner quelqu'un le lisant, dans mon cas- n'est pas de tout repos. Mais c'est quelque chose de nécessaire : pour la sublimation, pour les idées à générer. J'ai toujours écrit, c'est ma vocation, mon kif, ma bataille. On n'écrit jamais que sur ce que l'on connait, fut-ce des choses connues sur le mode fantasmatique. Avec le projet R. j'ai l'intention, avant tout, de faire un ouvrage littéraire, c'est vers cela que je m'oriente, et non var la psychanalyse ou le « ça fait du bien d'écrire tout ça » (car pour ce genre de choses j'ai mon journal intime ou les psy par exemple).
Cela dit, il y a autre chose. Je ne nie pas que je suis devenue cet être écrivant, écrivant de cette manière là, parce que j'ai vécu ces dites choses. Parce que quand la réalité dépasse la fiction, que d'aucuns des rares confidents soit peinent à croire que l'on dit vrai, soit sont heurtés par tant d'horreur, on finit par se retrancher ailleurs, et devenir véritablement un personnage de fiction.n
Dernière chose, si je saoule bien des gens avec C.D ce n'est pas par fan athéisme ou fanatisme, mais parce qu'aucun lecteur n'est neutre, encore moins lorsqu'il prétend écrire. La démarche de C.D me touche et pour cause -d'une part. D'autre part son rapport à l'auto fiction me semble époustouflant, même si je n'adhère pas à tout. Et pour finir, c'est l'écrivain le plus intéressant du moment. Un ami me faisait récemment part de sa préférence pour MBK, et pour cause : MBK lorsqu'il était encore écrivain, MBK que j'ai connu, fait état d'un autre type d'auto fiction qui se veut d expérimenter toutes les ressources de son corps (genre « tiens ça me fait ça quand je couche avec bidule, ou quand je me drogue, je vais aller jusqu'au bout du truc, au delà des limites de mon corps » -je caricature mais Mr Kacem n'est pas le dernier à caricaturer ou carrément mentir). Par hasard il se trouve que cet ami, qui n'a connu MBK que par les livres, se targue d'expérimenter la même chose, notamment dans son mode de vie. On n'est jamais un lecteur objectif, si littérateur soit on.
lundi 21 juillet 2008
PS (suite Dans l'enfer de la téléphonie)
et comme Faudel
Et pardon pour vos oreilles
jeudi 17 juillet 2008
DANS L'ENFER DE LA TELEPHONIE ou Prends donc un taff !
Hypocrisie tendue, propos racistes de tout bords (et tous les bords me touchent), parasitage du cerveau que la tâche en elle même qui consiste à enchaîner appel sur appel en un temps minimum et rentable tout en rabâchant le même texte à l'infini avec pour injonction de prendre en saisie quasi instantée dans un espace restreint (cad fais le plus court possible, de toute façon au bout d'un certain nombre de mots dans le commentaire, ta phrase est bridée via manip informatique). Mon contrat devait prendre fin, on me fit comprendre, de façon très euphémisée mais irrespectueuse, qu'on avait plus besoin de mes services, notamment parce que je pris la liberté d'un congé sans soldes, pour me dire par la suite que j'avais (comment traduire) intérêt à revenir car quand même je fais du chiffre, je suis un bon élément, et surtout parce que les 2 personnes qui étaient supposées me remplacer se sont désistées au dernier moment. Oh combien je me sens à l'aise ! Claquer la porte ? Me restent 15 jours à tenir dans une ambiance spéciale et des conditions délétères et pour couronner le tout -mais j'en suis en partie l'instigatrice lassée- papotage tourne en rond du boulot en lui même, avec toutes les variations prosaïques possibles et imaginables "A bla bla salaires, gna gna gna pas sympa, tatati mauvaise ambiance, machin chose bizarre, gagou punition, argh bientôt virée et chould aie staye orgo" Ok au début j'étais de celle qui avait participé mais là c'est parti en free style, et les conversations se font au ras du sol, et me bouffent à l'aller comme au retour, pas d'empathie ni de communication possible, genre disque rayée, oreilles saignantes de rabâchages, en gros et pour finir, j'ai l'impression de faire des heures sup de mon temps libre et pour couronner le tout quand je rentre voir mon dulciné j'éclate de haine, de dégoût et de colère, complètement hystérique. Je gagne ma vie certes, plus pour longtemps cela dit, mais j'ai l'impression que ma façon de gagner ma vie me la bouffe, la vraie, de vie, et au moment où j'écris ce texte hein qu'est-ce que je fais, ah ce taff me poursuivra jusqu'à mon blog, c'est j'habite le téléphone l'ambiance, je vais finir hôtesse au Banana Club, cela s'apparentera encore moins à de la prostitution.
Robert Smith A Forest
Why I'm in love with Serge Gainsbourg (contraitement aux rumeurs, il n'y pas pas que Roschdy Zem, Anelka dans ma vie. -hum)
J APPUIE SUR LA GACHETTE by young NTM
mardi 15 juillet 2008
dimanche 13 juillet 2008
1ère page
J'ai hésité à mettre en ligne le remaniement de l'introduction du roman. C'est un travail en cours, mais je pense posséder la version définitive de la 1ère page -qui est capitale puisqu'en gros, à moins de posséder un passe droit quelconque, un manuscrit envoyé par la poste sera lu de la façon qui suit : 1ère page, dernière page et un passage pris au hasard vers le milieu. Tout avis est bien entendu le bienvenu, quel qu'en soit l'émetteur.
"La maladie s’est déclarée de façon insidieuse, gagnant par palier l’organisme psychique, neurone par neurone, synapse par synapse, pour venir gangrener l’organisme tout entier dans sa réalité psychique et extérieure. L’étiolement -paradoxe de se présenter comme une spectaculaire amélioration d’être, dans l’énergie, l’aisance Maîtrise de toutes les facultés –un éclat certain. En vérité un éclatement de la personnalité, une violente déflagration, effondrement de toutes les défenses précieusement acquises au fil de 24 ans. De ci, de là les morceaux/décombres/débris se rassemblèrent comme la marche arrière d’une séquence/image filmique, se reconstituèrent, cicatrisant, reliant les fibres de tissus de façon serrée pour former un ensemble certes homogène mais catastrophique -à vif et torturé. Rien de tout cela n’était visible. N’était perceptible qu'un semblant trompeur, parfaitement illusoire, de beauté, de syntonie.
Les symptômes : une formidable vitalité. La suite pourtant logique : l’hyperactivité, puis un état maniaque. Une facilité soudaine à se sentir bien où qu’elle fut –je dis elle, je dis : Rachel- créer des liens, parvenir à ses fins, atteindre des buts jusqu’alors restés hors de portée. Etat initial prodigieusement inversé. Timidité transformée en sociabilité, en adaptabilité -capacité à manifester son être en harmonie avec le reste environnant. Sociabilité, aisance à prendre la parole en public, assurance, mise à disposition des acquis jadis handicapés : intelligence, beauté jusqu’alors entravés. Emprise de la cocaïne disaient certains. Economie de cocaïne corrigeaient les autres. Les autres avaient raison ? C’était tout aussi intense que le 1er rail de cocaïne, avec pour différence que le déclin ne survenait pas -pas encore. Comme le plus haut d’un rail de coke en permanence. H 24. Cocaïne qu’elle n’avait jamais touchée, à peine vue. Rachel vierge de substance illégale, quelques broutilles mises à part. Elle ne buvait pas, lors –une admirable ascèse- et sa tabagie n’avait pas débutée. Nouvel état déclenchant justement addictions restées hypothétiques et normalement impossible -entre autre sauterelles. Et Rachel de se croire en l’état le plus clean qui soit, rien à signaler dans les analyses -freudiennes mises à part. On disait Rachel résiliente, résistante, résistante à tout dérèglement –tant de choses innommables, tant de faits résumables au-delà du concevable étaient venues frapper, l’avaient laissée intacte.
Mais.
Mais on avait touché au cœur symbolique et sanglant. Inconscient maladroitement manipulé : le docteur Abzé avait laissé des trous béants, de vertigineux vides, déplacements des défenses -intervention bâclée. Donc réaction en masse. Dérèglement. Des systèmes de secours s’étaient lors mis en place. Urgence de rééquilibrer le tout. Sauver au possible. Maintenir une structure menacée. Faire ce qu’on pouvait. Et pour ce déclencher un état maniaque. C’était si bon si dangereux. Elle ne se rendait compte de rien. Retranchée en Anosognosie –sans psychose pourtant –une question de structure. Elle courait droit à sa perte tel le camé novice qui se sent si bien et semble si cool et en forme aux yeux naïfs de tout bon néophyte. Sauf que droguée, elle n’était pas. C’était pire. Elle s’auto prodiguait l’élixir dangereux, issu de son soma -son propre refoulé désormais explosé alimentait la jeune fille dans cet état nouveau –bien maintenus les nerfs. Elle ne se rendait compte de rien. Se sentait bien mieux oui : tout semblait si facile. Tachypsychie triomphante de jour en jour plus grande. Aucun obstacle à cela. Evolution par trop soudaine dont Rachel n’avait pas relevé le singulier changement. Intellligence astucieuse renonçant à prendre note –contentée de tourner à vide. Tout allait si vite, elle n’avait pas le temps de tout analyser, trop occupée à vivre. "
L'Attente by Karim C.

Pourquoi arriver aux ASSEDICS pour de maigres indemnités qui seront liquidées après avoir attendu dans la salle d'attente du dentiste parce que depuis 2 mois j'ai une forte rage de dents qui est insupportable mais j'ai peur de la fraise alors j'ai attendu d'aller mieux.? Raté. résultat une dent arrachée et une plombée. Peur, manque de courage, manque de Fric. L'argent. voilà mon problème et le problème de la société. tout le monde l'attend d'une façon hypnotique. Que l'on soit riche -pour le faire fructifier- pauvre -pour manger-. Il nous déconnecte de la raison. Il devient le maître de ma vie, de mon attente. La vie empirique l'emporte sur la Raison. Je ne peux être un sage parce que je mangerai pas de ma Raison. Alors j'utilise mes mains et je découpe des cuisses de poulet dans une usine. Boulot trouvé dans une boite d'intérim où je faisais le pied de grue. je suis habile de mes deux mains : je m'emmerdais tellement en cours que j'ai appris à me servir des deux avec une telle rage et dextérité que je suis devenu ambidextre indéniable. Comme j'étais déjà habile et que l'école m'ennuyait je n'ai pas continué plus haut que le Brevet des Collèges. J'ai tenté le CAP Menuiserie. prise de conscience soudaine de trop de travail donc arrêt du projet au bout d'une semaine et demie parce que mine de rien on se complaît dans l'Attente ou on ne la réalise consciemment pas. Je ne la réalisais pas à cette époque. Peut être étais je jeune ou con. Les poulets devant moi passent et se ressemblent comme les murmures et les minutes qui passent. Je pense déjà au repos que je vais prendre ce soir pour masquer mon ennui. Mon esprit vagabonde et j'observe pour pallier mon attente. l'homme face à moi ne me regarde pas il est concentré sur son travail, son regard simiesque ne brille pas par l'intelligence, à 1ère vue. Je l'interpelle. Le choc est direct, la connexion avec le cerveau se fait brutalement, la seule réponse qu'il trouve est un grognement parce qu'il vient de laisser passer un ou deux poulets. Sa barbe, sa stature et surtout ses arcanes supérieures lui donnent l'aspect d'un homme des cavernes alors je l'imagine frappant de sa massue sur une espèce de poule préhistorique et la manger directement, crue, comme le fait un fauve parce n'a pas encore appris à domestiquer le feu. je ris, ce petit délire m'a permis un bon petit moment d'escapade et le cycle infernal des machines me rappelle à la réalité et je m'aperçois que mes mains elles seules ont continué le travail, machinalement, sans ma raison. L'Attente est une machine, elle possède ses rouages. On l'apprend vite et elle ne se perd jamais. C'est un quotidien. On peut jouer avec l'Attente mais elle est juste derrière, c'est le plus souvent notre propre réflexion qui essaye de la déjouer. On se demande mais qu'est-ce que je pourrais faire pour passer ce moment ? alors on délire ou on communique ou on agit. Moi je fantasme. Me voilà arrivé à l'hypermarché non pas par envie mais par besoin; De toute façon la vie est surtout faite de besoin plus que d'envie. On ne profite plus : on a besoin. Le confort n'est plus quelque chose de secondaire mais un besoin. Et tout ira en empirant. On attendra et inventera toujours plus de besoins et personne ne pourra nous arrêter. C'est pour cela qu'il y a plein de monde à la sortie du travail dans les magasins. ils ont tous attendu la fin du travail pour être libres et ils se barricadent dans les endroits où ils attendront encore -comme moi. L'esprit commun. Et je fantasme... Je me vois déambuler à fond la caisse dans les rayons avec chariots à commande électrique en contournant les gens et les obstacles. Le jeu serait de faire ses courses et de payer le plus vite possible. tout cela pour gagner... "63euros53, s'il vous plaît". Je pose mon regard sur la caissière après avoir fait 30 minutes de queue, je la paie. Je rentre chez moi, toujours dans les embouteillages. La journée est presque terminée. L'Attente va bientôt finir jusqu'au lendemain matin... si je me réveille. Mais même ce jour là où je ne me réveillerai pas, qui me dit que l'attente sera finie ? Même le sage ne le sait. Et ceci est mon lot quotidien : l'Attente toujours elle et à tout moment, du matin au soir... et les nuits d'insomnies où je prends mon courage et je la défie... Alors je prends mon courage et la défie. Alors j'écris avec acharnement pour faire comprendre au monde ma vie. je la déverse sur ces quelques lignes que tu lis. tu attends comme moi un événement qui lance ton intérêt comme celui que j'attends dans la vie, mais tu rêves et tu as de l'espoir. Je veux que toi lecteur tu attendes aussi longtemps que moi comme un con devant une histoire où rien que de l'ennui s'installe et là tu comprendras ce que je ressens mais aussi ce que la plupart des gens ressentent dans leur vie de misère. "Métro boulot dodo est notre slogan, notre marque de fabrique que la société nous a donné. Je ne la blâme pas du tout de nous avoir fabriqués tels que nous sommes mais je pense que la révolution industrielle nous a esclavagés. Nos chaînes seront détruites quand Je et Nous prendrons l'attribut ultime de l'homme, la Raison. L'attente sera finie. Elle nous explosera en pleine face et la déflagration se propagera partout, dans le moindre recoin. Et ce jour là toi tu me liras plus, tu n'auras plus besoin de tromper ton attente en lisant telle ou telle connerie et moi je n'écrirai plus. Notre raison nous permettra de nous concevoir seuls. Elle nous amènera de la passivité commune de notre slogan à une individualité plurielle qui fera de nous une société aux bases solides et dignes. Notre société deviendra comme Dieu, unique, non commune mais individuelle. Parce que Dieu est unique en son Nom. Il n'est pas commun selon nos croyances personnelles, Son Nom est le même dans chaque religion mais on ne le vénère pas de la même façon et ces vénérations seront encore divisées par nos croyances propres, nos us et coutumes et notre éducation. Donc il deviendra individuel. Certains lui demanderont la gloire d'autres la paix. La vision de Dieu n'est pas commune mais individuelle et lui est unique. Moi, je l'implore et lui demande l'éclosion de ma raison et la fin de mon attente. je ne sais pas si il m'entend parce que j'ai toujours l'impression d'attendre. Mais peut-être que ce texte que je sème est la coquille de l'oeuf et que toi lecteur tu es l'oisillon qui percera la coquille. Élève toi !
samedi 12 juillet 2008
Pull marine

mardi 8 juillet 2008
dimanche 6 juillet 2008
Dixit Chloe Delaume
Rachel






