jeudi 31 juillet 2008

Extrait2 "Tina"


Tina était ce qu’on peut appeler une jolie fille. Elle donnait même l’illusion d’être plus belle qu’elle ne l’était en réalité, quand on y regardait de plus près. Elle avait le visage rond, des yeux noirs en amande, un très joli nez droit, aquilin, digne de celui qu’on imaginait à Cléopâtre. Une bouche large et pleine. Quand elle souriait, ce qui était plus que rare, on découvrait des dents parfaitement rangées, comme un collier de perles. Ses cheveux châtains foncés mais qui paraissaient noirs étaient épais et lisses, coupés au dessus des épaules. Elle n’était pas très grande et son corps était un ravissement : de très jolies jambes hâlées, la taille marquée, les fesses rondes haut perchées, le ventre plat, les seins ronds ni gros ni menus, les épaules rondes aussi et bien droites, les attaches fines, le port altier. Pour en revenir à ses yeux, ils étaient le plus souvent maquillés de noir, ses sourcils étaient épilés fins, comme il était à la mode de le faire l’époque, car notre récit débute en même temps que les années 70. Tina était née au bon moment au bon endroit. Elle collait parfaitement à son temps, il était fait pour elle, et réciproquement. Elle en vint à l’incarner, littéralement, sur pellicule photo et cinématographique.

Extrait1


(Photo : Tina Aumont dans les années 70)

La place était inondée d'un soleil aveuglant d'été crépusculaire. L'œil mettait un temps à s'y accoutumer. Les silhouettes se formaient pour se préciser de plus en plus, elles se croisaient comme plein d'électrons à trajectoire aléatoire. La plupart des êtres déambulant sur la place étaient jeunes, la moyenne d'âge devait plafonner à 20 ans, nous étions dans une ville étudiante. Presque tous les visages portaient donc la grâce que la jeunesse seule confère. Hormis l'attroupement quotidien aux alentours des deux sorties des deux bouches de métro. Il s'agissait des damnés de la ville : sans activité aucune sinon celle d'abrutir encore plus une conscience déjà bien entamé à coups d'expédients divers, de manque de sommeil, de manque de vraie vie tout court. Ils étaient les zonards, les clodos, les drogués, les "addictés" précaires. Les âmes perdues. Rachel passait dangereusement près d'eux. Et reconnut sa mère, sa mère et son beau père.

(...)

Ce qui la regardait sur cette place c'était les yeux noirs d'ivoire, des yeux d'épouvantes, ceux de sa mère, déjà transfigurés, imprégnés de substances. Et la mère fendit le trafic d'étudiant pour venir à sa fille qui ne fit que « Maman ? » ce qui en fit retourner quelques uns, jugeant la désignée mère, camée, clochardisée, une sorcière d'épouvante et la supposée fille, apprêtée, fraîche, jolie. Aucun point ne permettant un quelconque rapprochement. C'était même incongru voire obscène de penser qu'elles puissent être de la même famille, que l'une ait pu engendrer l'autre, que de ça on puisse devenir ça, dans les deux sens. De plus, les jeunes passants étaient pour la plupart bourgeois et malgré eux plein d'a priori : ils avaient sous les yeux une figure d'identification lambda, la jeune jolie fille bien sapée et ne pouvaient concevoir de mixions possible entre cette figure et le rebut de la société, l'exemple type de la déchéance. Il était inimaginable que la carne ait été plus belle, plus aisée et plus à la page non seulement que sa supposée fille mais aussi que la majorité de la population du même acabit. Pour eux il allait de soi que la dame avait toujours été comme ça, qu'elle était née comme ça, dans ce qui devait s'assimiler à un caniveau, un bidonville. Il ne les effleurait même pas qu'elle soit la muse qu'ils avaient si souvent contemplée sur les écrans, objet désormais méconnaissable de tant de fan- clubs qui se voulaient underground et branchés. Aurait elle hurlé à cet instant « Je suis Tina-Rose N. ! » comme elle l'avait d'ailleurs sii souvent fait auparavant qu'ils en auraient conçu un ricanement moqueur teinté de pitié, sans qu'une seconde ne les effleure la pensée que ce pouvait être bel et bien vrai.

Roman/Fiction/Extrait

"L'odeur insupportable du sang. La suffocation qu'elle engendre.
Il est mort.
Il est mort et je n'ai pas réécrit dans mon journal depuis. Je n'écrirai plus je crois : ma fin est imminente. Elles me disent que ma fin est proche, très proche. "Tu vas mourir ! Tu vas mourir !" Elle chantent gaiement et d'autres fois Elles préviennent. Elles ne me quittent pas la nuit et grâce à Elles je sais qu'une bombe se trouve sous la maison, que nous allons tous mourir dans une explosion parce qu'il s'est suicidé en vérité il n'est pas mort de vieillesse ou de maladie, je n'ai rien compris au diagnostic, aux mensonges qu'ils disaient, en vérité je vous le dis il est mort à cause de nous, il s'est tué de lassitude de tout et nous en 1er car nous sommes des parasites comme la dit l'oncle L., nous allons tous mourir, il faut payer la note. J'ai tout bien préparé. Regardez-moi. Je suis assise dans le train, près de la fenêtre, à l'écart. J'ai les cheveux relevés, je porte mon pull bleu ciel. J'ai 17 ans mais je suis belle encore même si personne ne m'aime. Mes soeurs sont belles aussi et ma mère l'était encore plus. C'était spéctaculaire il paraît, c'était une grande star de son temps, elle a inspiré les plus grand cinéastes. On me l'a dit et maintes fois répété, c'était tout le monde, c'était n'importe qui qui le disait, c'était même écrit, dans les journaux par exemple. A l'époque Elles n'étaient pas là pour me donner le la. (...)
Rachel ne faisait plus partie du système, je l'avais détectée comme nuisible et mensongère et je l'avais ejectée de ma sphère parce qu'elle me voulait le mal et la preuve c'est qu'elle adjurait que non mais c'était bien là la trace absolue qu'elle disait le contraire de ses intentions. Depuis que P. est mort et ma mère aussi en fait, parce que les deux c'était pareil, même si on me dit qu'elle vit toujours je ne la sens plus, je ne la perçois plus, d'ailleurs c'était quand la dernière fois que j'ai eu témoignage de son existence ? Pas important puisque désormais qu'Elles me disent la Vérité je n'ai plus besoin que de moi et bientôt je vais m'en extraire, de moi, je vais disparaître mais pas vraiment puisque je m'accomplirais ainsi. Quand le point de la fin s'est inscrit dans mon ventre tout au centre s'est ouvert et le reste de l'univers s'y est englouti, aspiré au dedans comme dans un trou noir, il n'y avait plus matière ni existence car je porte le grand vide en moi et tout le désarroi du monde. Plus rien n'existe après moi. Vous n'y survivrez pas.(...) Il ne faut pas que je m'en veuille ni que qui que ce soit, dis-je bien, m'en veuille si mes mots se démentèlent et ma pensée se décompose et que ça a l'air de ressembler à rien. Je suis à l'extérieur et dedans en même temps, et ce n'est pas tenable comme position, c'est pas super stable alors tout est en même temps, ça se superpose et se surimpresionne mais moi je comprends tout et l'essentiel est là même si on dira que ça n'a pas de sens, tout ce que je pense et profère, parce que ça tout le monde peut le voir, puisque je suis les autres en même temps qu'ils sont moi.
Je ne faiblira pas. Je franchira le pas. Celui qui permettra mon ascention au ciel."

La synchronie de Young me taraude bien souvent jusque dans mes écrits

J'ai écrit ce passage il y a deux ans,
Récemment ai lu un roman paru vers la même période, d'un auteur achi connu, et une page qui y ressemblait ressemblait comme deux gouttes d'eau : héroîne au sommeil tourmenté et mêmes symptômes... L'auteur en question donne dans le grand romanesque. Mon héroïne existe réellement. Impression bizarre. Synchronie. Jeux du hasard des idées ou des concepts ? Ou fait que tout a déjà été plus ou moins dit ? Étrange impression en tout cas.
"Peau soyeuse et dorée dans un vieux tee-shirt sale, Rachel dormit mal. Personne n'assista à cette lutte nocturne. Le sommeil de la demoiselle donnait lieu à toute l'expression de son angoisse. Ceux qui avaient dormi à ses côtés -et ils étaient nombreux- avaient été sidérés des discours qu'elle tenait, du grincement de ses dents, de cette façon désespérée qu'elle avait de s'agripper à eux, jusqu'à y enfoncer les ongles, comme si elle allait tomber d'une falaise et lors elle appelait sa mère ou sa grand mère, c'était selon, elle discourait dans plusieurs langues, souvent avec véhémence, quand ce n'était pas désespoir -hurlait, pleurait aussi, parfois."

mercredi 30 juillet 2008

A l'intérieur


Il y des films que l'on pas spécialement envie de voir, question de sensibilité. Et puis on se dit allez juste histoire de.
A l'intérieur un film "à la marge de", avec Beatrice Dalle (que j'aime bien et qui fait très souvent de bons choix), LE film qui a révélé Alysson Paradis... etc. Je n'avais rien contre, sinon que je suis assez sensible parfois : Funny Games ne me fait rien, mais Hannibal j'ai mis un an à m'en remettre. C'est pour cela que ça me fait toujours rire quand on dit d'un film qu'il est bon parce qu'il nous fait quelque chose ; ce n'est pas un critère, même un navet peut vous traumatiser ; et l'on peut trouver un film qui se veut éprouvant très bon sans qu'il nous fasse quelque chose.
Beatrice Dalle -qui joue le rôle clé et qui défend "son" film bec et ongles- n' a voulu voir A l'intérieur jusqu'au bout, parce qu'elle ne supporte pas de voir son intégrité corporelle altérée. J'ai pour ma part du mal à voir l'intégrité corporelle des autes altérée, surtout au niveau du visage.
Avant sa sortie les journaux étaient excités que deux français donnent dans le genre assumé (le genre horreur s'entend). Après ils ont été déçus (sauf les fans d'Haute tension, d'Aja, style). Et donc j'ai vu le film, le côté gore est assumé effectivement jusqu'au bout avec une trame plausible (horreur, mais pas surnaturel) sinon un clin d'oeil au film de zombies style Romero. Le truc qui aurait pu être intéressant c'est que c'est un film dont les deux héros sont justement des héroïnes, qu'il y a une pseudo réflexion sur la maternité, la féminité, un côté psychologie bla bla. Mais il est assez notoire que ces dernières donnes ne sont que des prétextes.
Le problème n'est pas que ce soit un film qui se veut dur voir à la limite du supportable (comme Irréversible se veut "dur" lui aussi).
Seulement pour parler de genre, n'est pas Argento qui veut (même lui a du mal à être lui même parfois, je parle de ces derniers films). Ou dans le genre dur à la limite du supportable n'est pas donné à tout le monde d'être Haneke ou Pasolini. Ce que je veux dire c'est qu'A l'intérieur n'est pas Le Locataire de Polanski, loin s'en faut.
Le problème de cette oeuvre est qu'on voit les ficelles, et que la plupart du temps au pense à Saïtan, en un peu mieux quand même et un peu plus vomitif. Y'a des références politiques à peine explorées ou réfléchies (l'action se passe durant les émeutes en banlieue fin 2006). Cinématographiquement le film ne laisse pas de traces, il est caricatural de trop, une série Z non assumée. Les deux reals étaient contents lors des projections que le public rigole, que "même Tarentino" rigole ; seulement il est bien possible qu'ils rigolent parce que le film est outrancier ou parce que c'est ce type d'humour qui les touche. Seulement voilà, l'intention d'A l'intérieur était quand même assez ambitieuse et qu'entre film 36e degré à la Tarantino et film réussi dans le genre (c'est quand même un film fait en pensant notamment à La Cérémonie, de Chabrol) il y a un choix à faire. Sinon ça donne une oeuvre ou le spectateur ne prend pas. Un film des gens sortent de la salle juste alors parce que le sang lui fait peur, ou le sujet voulu assez provoc lui est insupportable. A mon sens, pour faire un vrai bon film il ne suffit pas de bonnes ou de mauvaises intentions.

lundi 28 juillet 2008

Le pacte autobiographique ?


Vu du ciel, comme dirait l'heureux Rey, la littérature française actuelle flirte avec l'autofiction, de manière plus ou moins heureuse. Selon Anne Garetta le pacte autobiographique se solde de l'Aveu, forcément sexuel -l'aveu sexuel étant, selon elle, l'aveu ultime. Pas d'accord. A mon sens, l'aveu ultime est l'aveu affectif (qui peut évidemment se coupler à l'aveu sexuel, mais pas forcément). C'est justement pour cela que j'aime C.D, car l'aveu ultime n'est pas celui de, par exemple, la pratique prostitutionnelle littérale, dans Les mouflettes d'Atropos, mais l'aveu affectif dénué de toute sexualité, n'en déplaise aux psys et grands penseurs philosophiques et littéraires, celui du Cri du sablier, qui est le point de départ de qui elle est, et je dirais même l'explication d'être de C.D l'écrivaine-personnage de fiction (l'écrivaine ne formant qu'un avec le personnage de fiction, question de survie). L'aveu affectif du cri est celui de l'amour porté aux parents, au père monstre, à la mère indifférente, l'aveu de la petite fille : parents morts tout deux dans un contexte extra ordinaire, contexte qui a lui seul aurait pu donner lieu à un ouvrage témoignage choc tel qu'on en voit 30 000 depuis quelques années ; du reste la thématique a été exploitée par une autre, absolument pas écrivaine, dans un écrit vain : Mon père a tué ma mère, de Leste Mess (du Loft 2).

Après le Cri C.D a commis 2 ouvrages consécutifs autofictionnels, allant jusqu'au bout de sa thématique-théorie autofictionnelle, pour ensuite s'attaquer à autre chose (Certainement pas, Transhumances, La nuit je suis Buffy Summers -entre autres bien entendu). Récemment elle est revenue à l'auto fiction pure, avec Dans ma maison sous terre, à paraître, et dans son blog fait état de l'expérience éprouvante qu'est l'auto fiction.

En effet l'auto fiction jusqu'au boutiste peut être périlleuse, pour une raison toute simple : l'interférence vie réelle et la mise en littérature de cette vie. La vie réelle est chaos, ses divers protagonistes poursuivent leur chemin en free style, les acteurs de la vie de l'écrivain sont encore là (morts ou vivants du reste) et viennent à se rappeler à son bon souvenir. Exemple dans le cas de C.D : tentatives de renouer avec icelle de la part de la famille (on peut être orphelin et de famille nombreuse). C.D étant plus intransigeante que moi par exemple, elle refuse tout renouement de lien (ce qui n'est pas mon cas, je suis orpheline certes, pas de père seulement, pour parler effectif ; de mère assurément seulement elle vit encore et de plus rien n'y fait je l'aime c'est là le drame mais arrêtons les larmes).

L'isolement comme la sublimation par l'écriture sont des questions de survie. Ma survie personnelle passe par l'écriture. Seulement. Justement... Alors que j'ai enfin digéré certains faits et que je suis enfin prête à la mise en écriture de ceux ci (par un roman à clé plutôt que par un ouvrage pleinement et intrinsèquement autofictionnel) les acteurs principaux viennent à se rappeler à mon bon souvenir.

A la base quand j'ai entamé ce fameux Projet R., j'avais idée que, publié ou non, mais surtout publié, ce ne serait pas une mince affaire que de dealer avec les acteurs de ce livre. Certains sont au courant, ou s'en doutent, mais cela ne pose pas problème. D'autres sont morts ou ne lisent pas de livres ni d'écrits tout courts (fussent ils des plus simplistes). D'autres encore ne sont plus aucunement en lien avec moi, et tenteraient ils de l'être en me réclamant je ne sais quel du, que je les enverrai paitre (de surcroit ils ont été de long en large et de long en larmes avertis depuis au moins 8 ans, que j'écrivais sur ma vie). Par contre, au delà de tout ça, il y a les innocents. C'est à dire ceux qui lisant l'écrit en pourraient être certainement affectés (je pense à une personne devenue personnage en particulier). Et même les bourreaux sont innocents quand ils n'ont plus la raison. Mais si la folie n'excuse pas la connerie ou la méchanceté.
J'ai bien malgré moi expérimenté ce clash réel-autofiction, je l'expérimente en ce moment même, c'est assez violent. Des pages que je croyait tournées, des distances que je pensais acquises, se sont pulvérisées. Par ailleurs, revivre certains faits réels par le biais de l'écriture, même si on prend toutes les précautions nécessaires -faire un roman à clé, ne pas publier sur le blog quelque chose qui puissent heurter ou concerner quelqu'un le lisant, dans mon cas- n'est pas de tout repos. Mais c'est quelque chose de nécessaire : pour la sublimation, pour les idées à générer. J'ai toujours écrit, c'est ma vocation, mon kif, ma bataille. On n'écrit jamais que sur ce que l'on connait, fut-ce des choses connues sur le mode fantasmatique. Avec le projet R. j'ai l'intention, avant tout, de faire un ouvrage littéraire, c'est vers cela que je m'oriente, et non var la psychanalyse ou le « ça fait du bien d'écrire tout ça » (car pour ce genre de choses j'ai mon journal intime ou les psy par exemple).
Cela dit, il y a autre chose. Je ne nie pas que je suis devenue cet être écrivant, écrivant de cette manière là, parce que j'ai vécu ces dites choses. Parce que quand la réalité dépasse la fiction, que d'aucuns des rares confidents soit peinent à croire que l'on dit vrai, soit sont heurtés par tant d'horreur, on finit par se retrancher ailleurs, et devenir véritablement un personnage de fiction.n
Dernière chose, si je saoule bien des gens avec C.D ce n'est pas par fan athéisme ou fanatisme, mais parce qu'aucun lecteur n'est neutre, encore moins lorsqu'il prétend écrire. La démarche de C.D me touche et pour cause -d'une part. D'autre part son rapport à l'auto fiction me semble époustouflant, même si je n'adhère pas à tout. Et pour finir, c'est l'écrivain le plus intéressant du moment. Un ami me faisait récemment part de sa préférence pour MBK, et pour cause : MBK lorsqu'il était encore écrivain, MBK que j'ai connu, fait état d'un autre type d'auto fiction qui se veut d expérimenter toutes les ressources de son corps (genre « tiens ça me fait ça quand je couche avec bidule, ou quand je me drogue, je vais aller jusqu'au bout du truc, au delà des limites de mon corps » -je caricature mais Mr Kacem n'est pas le dernier à caricaturer ou carrément mentir). Par hasard il se trouve que cet ami, qui n'a connu MBK que par les livres, se targue d'expérimenter la même chose, notamment dans son mode de vie. On n'est jamais un lecteur objectif, si littérateur soit on.
PS : ai simplifié certaines choses, mais par nécessité.

lundi 21 juillet 2008

PS (suite Dans l'enfer de la téléphonie)

Ca y est, enfin...




et comme Faudel




Et pardon pour vos oreilles

jeudi 17 juillet 2008

DANS L'ENFER DE LA TELEPHONIE ou Prends donc un taff !

Mon boulot alimentaire ? Je sature au presque maximum...Quelque chose comme :
Hypocrisie tendue, propos racistes de tout bords (et tous les bords me touchent), parasitage du cerveau que la tâche en elle même qui consiste à enchaîner appel sur appel en un temps minimum et rentable tout en rabâchant le même texte à l'infini avec pour injonction de prendre en saisie quasi instantée dans un espace restreint (cad fais le plus court possible, de toute façon au bout d'un certain nombre de mots dans le commentaire, ta phrase est bridée via manip informatique). Mon contrat devait prendre fin, on me fit comprendre, de façon très euphémisée mais irrespectueuse, qu'on avait plus besoin de mes services, notamment parce que je pris la liberté d'un congé sans soldes, pour me dire par la suite que j'avais (comment traduire) intérêt à revenir car quand même je fais du chiffre, je suis un bon élément, et surtout parce que les 2 personnes qui étaient supposées me remplacer se sont désistées au dernier moment. Oh combien je me sens à l'aise ! Claquer la porte ? Me restent 15 jours à tenir dans une ambiance spéciale et des conditions délétères et pour couronner le tout -mais j'en suis en partie l'instigatrice lassée- papotage tourne en rond du boulot en lui même, avec toutes les variations prosaïques possibles et imaginables "A bla bla salaires, gna gna gna pas sympa, tatati mauvaise ambiance, machin chose bizarre, gagou punition, argh bientôt virée et chould aie staye orgo" Ok au début j'étais de celle qui avait participé mais là c'est parti en free style, et les conversations se font au ras du sol, et me bouffent à l'aller comme au retour, pas d'empathie ni de communication possible, genre disque rayée, oreilles saignantes de rabâchages, en gros et pour finir, j'ai l'impression de faire des heures sup de mon temps libre et pour couronner le tout quand je rentre voir mon dulciné j'éclate de haine, de dégoût et de colère, complètement hystérique. Je gagne ma vie certes, plus pour longtemps cela dit, mais j'ai l'impression que ma façon de gagner ma vie me la bouffe, la vraie, de vie, et au moment où j'écris ce texte hein qu'est-ce que je fais, ah ce taff me poursuivra jusqu'à mon blog, c'est j'habite le téléphone l'ambiance, je vais finir hôtesse au Banana Club, cela s'apparentera encore moins à de la prostitution.

Robert Smith A Forest

Une autre immense référence à mon sens, et toujours avec un petit pincement au coeur de groupie amoureuse de base... Quel dommage qu'il se soit un peu oxydé à force d'éthylisme... nan, je n'ai pas dit de stylisme. Cela dit, si je vénère au sens dico du terme the forest et toute cette période, mon album culte demeure Pornography.


Why I'm in love with Serge Gainsbourg (contraitement aux rumeurs, il n'y pas pas que Roschdy Zem, Anelka dans ma vie. -hum)






NB : Pour les néophytes, voici la femme qui inspira cette chanson -sublimation d'une brève et intense liaison avec elle, celle dont les initiales ne sont faites que de B.

J APPUIE SUR LA GACHETTE by young NTM

Un texte sublime, un propos qui ne l'est pas moins, une filmique impeccable, musicalement génial, et tout cela en 1993 !

ASSASSIN ESCLAVES 2000

"Je ne veux pas faire de politique, ma mission est juste artistique..."

mardi 15 juillet 2008

dimanche 13 juillet 2008

1ère page

J'ai hésité à mettre en ligne le remaniement de l'introduction du roman. C'est un travail en cours, mais je pense posséder la version définitive de la 1ère page -qui est capitale puisqu'en gros, à moins de posséder un passe droit quelconque, un manuscrit envoyé par la poste sera lu de la façon qui suit : 1ère page, dernière page et un passage pris au hasard vers le milieu. Tout avis est bien entendu le bienvenu, quel qu'en soit l'émetteur.



"La maladie s’est déclarée de façon insidieuse, gagnant par palier l’organisme psychique, neurone par neurone, synapse par synapse, pour venir gangrener l’organisme tout entier dans sa réalité psychique et extérieure. L’étiolement -paradoxe de se présenter comme une spectaculaire amélioration d’être, dans l’énergie, l’aisance Maîtrise de toutes les facultés –un éclat certain. En vérité un éclatement de la personnalité, une violente déflagration, effondrement de toutes les défenses précieusement acquises au fil de 24 ans. De ci, de là les morceaux/décombres/débris se rassemblèrent comme la marche arrière d’une séquence/image filmique, se reconstituèrent, cicatrisant, reliant les fibres de tissus de façon serrée pour former un ensemble certes homogène mais catastrophique -à vif et torturé. Rien de tout cela n’était visible. N’était perceptible qu'un semblant trompeur, parfaitement illusoire, de beauté, de syntonie.

Les symptômes : une formidable vitalité. La suite pourtant logique : l’hyperactivité, puis un état maniaque. Une facilité soudaine à se sentir bien où quelle fut –je dis elle, je dis : Rachel- créer des liens, parvenir à ses fins, atteindre des buts jusqu’alors restés hors de portée. Etat initial prodigieusement inversé. Timidité transformée en sociabilité, en adaptabilité -capacité à manifester son être en harmonie avec le reste environnant. Sociabilité, aisance à prendre la parole en public, assurance, mise à disposition des acquis jadis handicapés : intelligence, beauté jusqu’alors entravés. Emprise de la cocaïne disaient certains. Economie de cocaïne corrigeaient les autres. Les autres avaient raison ? C’était tout aussi intense que le 1er rail de cocaïne, avec pour différence que le déclin ne survenait pas -pas encore. Comme le plus haut d’un rail de coke en permanence. H 24. Cocaïne qu’elle n’avait jamais touchée, à peine vue. Rachel vierge de substance illégale, quelques broutilles mises à part. Elle ne buvait pas, lors –une admirable ascèse- et sa tabagie n’avait pas débutée. Nouvel état déclenchant justement addictions restées hypothétiques et normalement impossible -entre autre sauterelles. Et Rachel de se croire en l’état le plus clean qui soit, rien à signaler dans les analyses -freudiennes mises à part. On disait Rachel résiliente, résistante, résistante à tout dérèglement –tant de choses innommables, tant de faits résumables au-delà du concevable étaient venues frapper, l’avaient laissée intacte.

Mais.

Mais on avait touché au cœur symbolique et sanglant. Inconscient maladroitement manipulé : le docteur Abzé avait laissé des trous béants, de vertigineux vides, déplacements des défenses -intervention bâclée. Donc réaction en masse. Dérèglement. Des systèmes de secours s’étaient lors mis en place. Urgence de rééquilibrer le tout. Sauver au possible. Maintenir une structure menacée. Faire ce qu’on pouvait. Et pour ce déclencher un état maniaque. C’était si bon si dangereux. Elle ne se rendait compte de rien. Retranchée en Anosognosie –sans psychose pourtant –une question de structure. Elle courait droit à sa perte tel le camé novice qui se sent si bien et semble si cool et en forme aux yeux naïfs de tout bon néophyte. Sauf que droguée, elle n’était pas. C’était pire. Elle s’auto prodiguait l’élixir dangereux, issu de son soma -son propre refoulé désormais explosé alimentait la jeune fille dans cet état nouveau –bien maintenus les nerfs. Elle ne se rendait compte de rien. Se sentait bien mieux oui : tout semblait si facile. Tachypsychie triomphante de jour en jour plus grande. Aucun obstacle à cela. Evolution par trop soudaine dont Rachel n’avait pas relevé le singulier changement. Intellligence astucieuse renonçant à prendre note –contentée de tourner à vide. Tout allait si vite, elle n’avait pas le temps de tout analyser, trop occupée à vivre. "

L'Attente by Karim C.


On dit souvent que l'homme qui attend patiemment reçoit le bénéfice de ce qu'il a semé. Les dictions sont sages mais ils ne reflètent jamais une réalité. La sagesse est un Art, le haute gamme de la philosophie. L'homme sage attend seul empiriquement mais la Raison du Sage est au delà de l'attente -c'est ce que l'on a perdu. Moi, je ne suis pas un sage, alors je passe ma vie à attendre. Quoi ? La fin de... tout. Chaque attente amène à une fin bien précise et connue. Ma vie est une Attente. Pourtant on ne pourrait le croire qu'elle gère ma vie. Tout moment de ma journée est une attente. Quand je suis assis dans les salles d'attente comme à l'ANPE ou aux ASSEDICS je regarde, je scrute et je délire, je croise les regards des gens qui attendent, ils sont là, pathétiques, ils espèrent accéder au guichet de Madame Assedic pour pleurer un maigre financement ou un CDD. Une femme de 40 ans avance au guichet, ronde, défraîchie, sûrement au chômage depuis X années. La secrétaire la dévisage d'un air froid, il n'y a rien à redire, tu n'auras rien. Et j'attends toujours assis pendant des heures à regarder les jeunes, les moins jeunes et les presque morts. Je fais partie des moins jeunes. Parce que je ne suis pas encore usé par l'attente mais je commence à la ressentir dans cette petite salle qui est mon 2ème chez moi. En sortant du lit direction la Grande Messe de la Recherche d'emploi et là commence les embouteillages, pas de chance mon autoradio est pété, mon diesel ronfle et les klaxons cadencent le mouvement de la circulation lente, fastidieuse. On attend tous collés cul à cul. Certains s'énervent, s'insultent, se braillent dessus, se klaxonnent parce que cela n'avance pas, je participe en injuriant. Ce sera l'un des seuls contacts humains de mes journées et il se fait dans l'Attente.
Pourquoi arriver aux ASSEDICS pour de maigres indemnités qui seront liquidées après avoir attendu dans la salle d'attente du dentiste parce que depuis 2 mois j'ai une forte rage de dents qui est insupportable mais j'ai peur de la fraise alors j'ai attendu d'aller mieux.? Raté. résultat une dent arrachée et une plombée. Peur, manque de courage, manque de Fric. L'argent. voilà mon problème et le problème de la société. tout le monde l'attend d'une façon hypnotique. Que l'on soit riche -pour le faire fructifier- pauvre -pour manger-. Il nous déconnecte de la raison. Il devient le maître de ma vie, de mon attente. La vie empirique l'emporte sur la Raison. Je ne peux être un sage parce que je mangerai pas de ma Raison. Alors j'utilise mes mains et je découpe des cuisses de poulet dans une usine. Boulot trouvé dans une boite d'intérim où je faisais le pied de grue. je suis habile de mes deux mains : je m'emmerdais tellement en cours que j'ai appris à me servir des deux avec une telle rage et dextérité que je suis devenu ambidextre indéniable. Comme j'étais déjà habile et que l'école m'ennuyait je n'ai pas continué plus haut que le Brevet des Collèges. J'ai tenté le CAP Menuiserie. prise de conscience soudaine de trop de travail donc arrêt du projet au bout d'une semaine et demie parce que mine de rien on se complaît dans l'Attente ou on ne la réalise consciemment pas. Je ne la réalisais pas à cette époque. Peut être étais je jeune ou con. Les poulets devant moi passent et se ressemblent comme les murmures et les minutes qui passent. Je pense déjà au repos que je vais prendre ce soir pour masquer mon ennui. Mon esprit vagabonde et j'observe pour pallier mon attente. l'homme face à moi ne me regarde pas il est concentré sur son travail, son regard simiesque ne brille pas par l'intelligence, à 1ère vue. Je l'interpelle. Le choc est direct, la connexion avec le cerveau se fait brutalement, la seule réponse qu'il trouve est un grognement parce qu'il vient de laisser passer un ou deux poulets. Sa barbe, sa stature et surtout ses arcanes supérieures lui donnent l'aspect d'un homme des cavernes alors je l'imagine frappant de sa massue sur une espèce de poule préhistorique et la manger directement, crue, comme le fait un fauve parce n'a pas encore appris à domestiquer le feu. je ris, ce petit délire m'a permis un bon petit moment d'escapade et le cycle infernal des machines me rappelle à la réalité et je m'aperçois que mes mains elles seules ont continué le travail, machinalement, sans ma raison. L'Attente est une machine, elle possède ses rouages. On l'apprend vite et elle ne se perd jamais. C'est un quotidien. On peut jouer avec l'Attente mais elle est juste derrière, c'est le plus souvent notre propre réflexion qui essaye de la déjouer. On se demande mais qu'est-ce que je pourrais faire pour passer ce moment ? alors on délire ou on communique ou on agit. Moi je fantasme. Me voilà arrivé à l'hypermarché non pas par envie mais par besoin; De toute façon la vie est surtout faite de besoin plus que d'envie. On ne profite plus : on a besoin. Le confort n'est plus quelque chose de secondaire mais un besoin. Et tout ira en empirant. On attendra et inventera toujours plus de besoins et personne ne pourra nous arrêter. C'est pour cela qu'il y a plein de monde à la sortie du travail dans les magasins. ils ont tous attendu la fin du travail pour être libres et ils se barricadent dans les endroits où ils attendront encore -comme moi. L'esprit commun. Et je fantasme... Je me vois déambuler à fond la caisse dans les rayons avec chariots à commande électrique en contournant les gens et les obstacles. Le jeu serait de faire ses courses et de payer le plus vite possible. tout cela pour gagner... "63euros53, s'il vous plaît". Je pose mon regard sur la caissière après avoir fait 30 minutes de queue, je la paie. Je rentre chez moi, toujours dans les embouteillages. La journée est presque terminée. L'Attente va bientôt finir jusqu'au lendemain matin... si je me réveille. Mais même ce jour là où je ne me réveillerai pas, qui me dit que l'attente sera finie ? Même le sage ne le sait. Et ceci est mon lot quotidien : l'Attente toujours elle et à tout moment, du matin au soir... et les nuits d'insomnies où je prends mon courage et je la défie... Alors je prends mon courage et la défie. Alors j'écris avec acharnement pour faire comprendre au monde ma vie. je la déverse sur ces quelques lignes que tu lis. tu attends comme moi un événement qui lance ton intérêt comme celui que j'attends dans la vie, mais tu rêves et tu as de l'espoir. Je veux que toi lecteur tu attendes aussi longtemps que moi comme un con devant une histoire où rien que de l'ennui s'installe et là tu comprendras ce que je ressens mais aussi ce que la plupart des gens ressentent dans leur vie de misère. "Métro boulot dodo est notre slogan, notre marque de fabrique que la société nous a donné. Je ne la blâme pas du tout de nous avoir fabriqués tels que nous sommes mais je pense que la révolution industrielle nous a esclavagés. Nos chaînes seront détruites quand Je et Nous prendrons l'attribut ultime de l'homme, la Raison. L'attente sera finie. Elle nous explosera en pleine face et la déflagration se propagera partout, dans le moindre recoin. Et ce jour là toi tu me liras plus, tu n'auras plus besoin de tromper ton attente en lisant telle ou telle connerie et moi je n'écrirai plus. Notre raison nous permettra de nous concevoir seuls. Elle nous amènera de la passivité commune de notre slogan à une individualité plurielle qui fera de nous une société aux bases solides et dignes. Notre société deviendra comme Dieu, unique, non commune mais individuelle. Parce que Dieu est unique en son Nom. Il n'est pas commun selon nos croyances personnelles, Son Nom est le même dans chaque religion mais on ne le vénère pas de la même façon et ces vénérations seront encore divisées par nos croyances propres, nos us et coutumes et notre éducation. Donc il deviendra individuel. Certains lui demanderont la gloire d'autres la paix. La vision de Dieu n'est pas commune mais individuelle et lui est unique. Moi, je l'implore et lui demande l'éclosion de ma raison et la fin de mon attente. je ne sais pas si il m'entend parce que j'ai toujours l'impression d'attendre. Mais peut-être que ce texte que je sème est la coquille de l'oeuf et que toi lecteur tu es l'oisillon qui percera la coquille. Élève toi !

samedi 12 juillet 2008

Pull marine


"Stan the flasher, disait Gainsbourg, c'est le Pull Marine d'Adjani, sauf qu'il n'y a a pas d'eau dans la piscine." J'ai touche le fond de la piscine, clippé super glam par Luc Besson (dont je ne suis pas fan, c'est un euphémisme, mais là, rien à dire, le clip est impeccable, et met malgré lui en scène toute la problématique adjanienne -mais c'est une autre histoire). J'ai pris un risque notoire : je l'ai vue. Elle -'instigatrice de tout mon drame, la survivante. Comme tout choc violent, état de stupéfaction, anesthésiant, le cerveau qui scande : tout va bien, tout va bien. Et l'inconscient qui encaisse la charge maximale, tout se relie, se rebelle, ça y est, j'y suis, au fond de la putain de piscine. Le corps s'est rebellé, se refusant à générer menstrues -autopsy rapide : rapport à la mère, forcément. Alors non ça ne va pas bien. M'aurait on posé la question il y a 2 mois, ça tenait, rien de notoire, du pur quotidien, de celui qui ne persiste d'exister que parce que je consens à m'en souvenir, pour justement en faire quelque chose, une sublimation, un acte de résistance/résilience -un ouvrage littéraire par exemple. Mais là je l'ai vue et non je ne renoncerai pas à écrire, juste la problématique qu'elle existe, même si il est pour ainsi dire impossibles qu'elle accède à ces lignes, ou à celles du possible roman publié. Ce n'est pas l'écrivante/écrivaine en puissance qui va mal, elle irait plutôt bien, mais la fille en tant que telle, celle qui aime tant sa mère qui lui a fait tant de mal et doit se garder de son commerce pour s'en porter mieux. État vacillant, somatisation notoire, comportement à risques relatif. Ça ne va pas, je mettrai du temps à me remettre de cette rencontre. J'ai eu de la peine de voir son amour mêlé d'aversion, 2 choses inextricable en elle, du domaine des pyjamas bleus. Sauf que si encore elle était en pyjama bleu ça irait, parce qu'elle irait sur une voie possible de meilleur être. Là elle est livrée à sa maladie et je ne peux pas de nouveau m'en mêler sans m'emmêler totalement. C'est elle oui moi. Donc ne plus la fréquenter, le psychisme ne supporte pas. Or j'aime ma mère, la petite fille en moi culpabilise à mort mais la voir ainsi devenue je ne peux pas, je ne me le suis pas formulé, je n'ai même pas pris la décision. Ce qu'il y a à faire, je ne sais pas. Mon corps en sa totalité se rebelle, mon moral touche le fond, je suis à vif, triste, pire que ça, je souris bien sûr, mais pour ensuite m'effondrer totalement, passer d'un état à l'autre, mais en globalement c'est pas ça, ça ne va pas, mon corps s'est rebellé, je suis toute submergée, non ça ne va pas depuis que je l'ai vue... 3 ans que cela ne s'était pas produit, je ne veux pas retomber dans cela, et encore à chaque fois que je la vois c'est une peine nouvelle, mais là c'est elle ou moi au sens où : soit je me consacre à elle, me laisse hanter par elle, soit j'en fais abstraction, d'elle, comme cela a été le cas depuis quelques temps car la plupart de temps je suis en amnésie consciente et volontaire que je ne suis pas la fille de R, qui est folle, la fille de T., qui est mort, la petite fille de l'autre T. qui est tout autant mort, la soeur de B et F qui sont en famille d'accueil et en tout cas orphelins officiels, ni la soeur de L, qui a subi les plus radicales conséquences de notre maman R, L partie rejoindre le monde des pyjamas bleus.

mardi 8 juillet 2008

Que je vous aime...

dimanche 6 juillet 2008

Dixit Chloe Delaume


"Ce qui compte, c'est la langue, l'écriture, la construction."
"Aussi. L’enfant avait un nom puisque la législation en vigueur imposait à ses géniteurs d’en faire déclaration à la préfecture la plus proche. Si l’enfant avait été un garçon il se serait appelé tout de suite. Mais l’enfant était contrariante. Elle tint obstinément tête aux aiguilles à tricoter, aux régimes alimentaires, aux prédictions scandées rebouteuse de rabais et aux influences de la lune. Le jour de l’expulsion les parents constatèrent avec dépit la présence incongrue du doublon chromosome et renoncèrent à tout effort d’appellation. Seul le personnel hospitalier sembla s’en émouvoir. En 1973, il n’était plus permis aux concepteurs d’enfants d’exposer leur produit au sommet de la butte aux Cailles ni d’un mont quelconque, ce que le père jugea peu pratique. Au matin du troisième jour la mère, songeant avec une nostalgie non feinte à cette époque bénie où les petons des niards pouvaient être transpercés pour décorer les branches des robustes oliviers, jeta un œil exaspéré au fruit déjà gâté de ses entrailles. Dans le lit à roulettes l’enfant criait souvent, espérant par là même rappeler à quelqu’un que lui faire ingérer un liquide nutritif eût été de bon ton. J’aimerais lui clouer le bec dit-elle en s’approchant l’oreiller à la main. C’est ainsi que la mère nomma Chloé la fille de l’aume parce qu’il est quand même grand temps de se décider Madame dit le pédiatre reprenez donc un Temesta."
Chloe Delaume, Le cri du sablier

Rachel


Qui suis-je ? Une hérésie. Un personnage de fiction, comme dirait fort à propos une autre demoiselle. Suivient un moment dans nos vies secouées où l'on finit par basculer, de trop de dense, de trop d'invraisemblable, dans autre chose qu'une vie concrête, palpable des doigts. On devient un actant dans l'illusion de la Maya. Aussi parlerai-je de moi à la troisième personne, car, lâche pour le coup, je me défais ainsi de toute responsabilité. Je ne connais pas cette fille, je cohabite avec elle, c'est tout.