samedi 27 septembre 2008

Portrait de "l'auteure" by F.R

Quite tired, no make up, no hair done, no "retouches" and made in Bulgaria.... Somethimes it's good just to be me... Thank you F. !


Le prince a les yeux bleus (Extrait 4)






Vue du prince

Rose avait le caractère ombrageux, hautain et colérique. Du jour au lendemain P., qui avait peur de tout se trouva pris au piège. Il cohabita officiellement avec elle. En pratique, il ne faisait que la croiser, évitant tout contact. Rose s’insurgeait et ne comprenait pas pareille variation : pourquoi la passion s’était donc ainsi tue, pourquoi le comme avant avait il disparu. P. prit sur lui pour ne pas être un monstre mais la guerre éclata déclarée par Tina. Ego versus ego, le demoiselle était, il faut le dire, caractérielle. La plaie de la relation s’infectait de jour en jour à coups de œil pour œil, à coups de dent pour dent. Rose sortait avec le frère pédéraste P. le lui reprochait : elle était enceinte non, c’est ce qu’elle voulait, il fallait donc un temps réfréner les sorties, l’étourdissement permanent, rester entre les murs. A cela Rose opposait une colère sans entraves, et de claquer la porte, de caresser son chat, revenir, proférer des insultes, sa seule spécialité en grande volubilité -lors les mots qui font mal. Elle était la première à dire que certains mots font plus mal que des coups et la première à utiliser ce type de mots. Empiriques paroles passant du retranchement à l’indécente exposition de l’affect tout cru dans ce qu’il a d’obscène et de plus pulsionnel. Paroles meurtrières, têtes chercheuses de l’endroit où abattre au sein de l’adversaire surtout s’il est aimé -stratégie suicidaire. Un soir elle asséna un alcoolique minable. " Alcoolique, peut être ! Mais minable : jamais ! " Le frère s’interposait, prenait soin de l’icône.


(photos : Anonyme, Tina Aumont, 1968 / LOVERS: Terence Stamp with Jean Shrimpton)

J'adhère

"Votre vie, c'est votre secret. Il ne faut jamais se laisser percer à jour. Même en amour."

Le plus bel âge, de Didier Audepin




lundi 1 septembre 2008

L'un des plus grands écrivains contemporains nous a quiités

Les Éditions de la Différence ont la tristesse de vous annoncer la mort de Mohamed Leftah survenue au Caire, où il résidait depuis 2000, le 20 juillet 2008. Né à Settat, au Maroc, en 1946, il fait ses études à Casablanca, puis s'oriente vers une carrière scientifique. Il atterrit à Paris dans une école d'ingénieurs en travaux publics. En 1968, au milieu des évènements qui secouent la capitale, il écrit des poèmes… et s'enivre. En 1972, il revient au Maroc, se forme à l'informatique, devient informaticien puis journaliste littéraire au Matin du Sahara et au Temps du Maroc. À partir des années 90, il écrit dans la fièvre. En 1992, après la parution de Demoiselles de Numidie aux Éditions de l'Aube, il renonce à éditer ses textes jusqu'à ce que Salim Jay l'introduise auprès des Éditions de la Différence, qui éditera l'ensemble - considérable - de son œuvre inédite, dont deux titres sont annoncés pour janvier 2009 : Le Jour de Vénus et Une chute infinie.
Depuis 2006, La Différence a, en effet, publié : Demoiselles de Numidie, Au bonheur des limbes, Une fleur dans la nuit, Ambre ou les Métamorphoses de l'amour, L'Enfant de marbre, Une fleur dans la nuit suivi de Sous le soleil et le clair de lune et Un martyr de notre temps.

" Qu'il s'agisse des romans ou des nouvelles, ces œuvres ont détonné dans le paysage littéraire. Qu'une voix d'une si profonde maturité, d'une ampleur passionnelle qui vous traîne vers le sublime à travers une promenade cauchemardesque dans les bas-fonds, émerge après des années de silence, et de surcroît en français venant du Caire via un éditeur parisien, n'a pu que sidérer les lecteurs, en état de choc. " Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdomadaire

« Mohamed Leftah est un fou de lecture et Au Bonheur des limbes un hymne au roman »
Josyane Savigneau, Le Monde.

« Une écriture agile, à la fois crue et poétique »
Hélène Perraudeau, Libération.

« Un styliste à la Genet. Voluptueux interprète des pulsions et des passions, il nous révèle la société marocaine à la lumière du désir sexuel »
Salim Jay, Match du monde.

« un roman sidérant, courageux, définitif pour contrer la barbarie de l’intégrisme, dans un désespoir outrageusement libre »
Jacques Sterchi, La Liberté de Fribourg.
« C’est la fragilité même de ce monde adoré, au bord de l’anéantissement, qui donne lieu à ces évocations d’une fulgurante intensité. Plus que la nostalgie, c’est l’hymne qui se dégage du livre, pour célébrer sans complaisance ni enjolivures l’esclavage intemporel de la prostitution »
Kenza Sefrioui, Le Journal Hebdo.

« Alliant l’humour, l’alerte érudition et le plaisir du verbe dont témoignait déjà Demoiselles de Numidie, Mohamed Leftah célèbre avec eux les hommes des “limbes”. Il désigne ainsi, dans la foulée d’Evelyn Waugh le monde du “bonheur naturel, sans la vision béatifique” »
Jean-Maurice de Montremy, Livres Hebdo.