
Il y des films que l'on pas spécialement envie de voir, question de sensibilité. Et puis on se dit allez juste histoire de.
A l'intérieur un film "à la marge de", avec Beatrice Dalle (que j'aime bien et qui fait très souvent de bons choix), LE film qui a révélé Alysson Paradis... etc. Je n'avais rien contre, sinon que je suis assez sensible parfois : Funny Games ne me fait rien, mais Hannibal j'ai mis un an à m'en remettre. C'est pour cela que ça me fait toujours rire quand on dit d'un film qu'il est bon parce qu'il nous fait quelque chose ; ce n'est pas un critère, même un navet peut vous traumatiser ; et l'on peut trouver un film qui se veut éprouvant très bon sans qu'il nous fasse quelque chose.
Beatrice Dalle -qui joue le rôle clé et qui défend "son" film bec et ongles- n' a voulu voir A l'intérieur jusqu'au bout, parce qu'elle ne supporte pas de voir son intégrité corporelle altérée. J'ai pour ma part du mal à voir l'intégrité corporelle des autes altérée, surtout au niveau du visage.
Avant sa sortie les journaux étaient excités que deux français donnent dans le genre assumé (le genre horreur s'entend). Après ils ont été déçus (sauf les fans d'Haute tension, d'Aja, style). Et donc j'ai vu le film, le côté gore est assumé effectivement jusqu'au bout avec une trame plausible (horreur, mais pas surnaturel) sinon un clin d'oeil au film de zombies style Romero. Le truc qui aurait pu être intéressant c'est que c'est un film dont les deux héros sont justement des héroïnes, qu'il y a une pseudo réflexion sur la maternité, la féminité, un côté psychologie bla bla. Mais il est assez notoire que ces dernières donnes ne sont que des prétextes.
Le problème n'est pas que ce soit un film qui se veut dur voir à la limite du supportable (comme Irréversible se veut "dur" lui aussi).
Seulement pour parler de genre, n'est pas Argento qui veut (même lui a du mal à être lui même parfois, je parle de ces derniers films). Ou dans le genre dur à la limite du supportable n'est pas donné à tout le monde d'être Haneke ou Pasolini. Ce que je veux dire c'est qu'A l'intérieur n'est pas Le Locataire de Polanski, loin s'en faut.
Le problème de cette oeuvre est qu'on voit les ficelles, et que la plupart du temps au pense à Saïtan, en un peu mieux quand même et un peu plus vomitif. Y'a des références politiques à peine explorées ou réfléchies (l'action se passe durant les émeutes en banlieue fin 2006). Cinématographiquement le film ne laisse pas de traces, il est caricatural de trop, une série Z non assumée. Les deux reals étaient contents lors des projections que le public rigole, que "même Tarentino" rigole ; seulement il est bien possible qu'ils rigolent parce que le film est outrancier ou parce que c'est ce type d'humour qui les touche. Seulement voilà, l'intention d'A l'intérieur était quand même assez ambitieuse et qu'entre film 36e degré à la Tarantino et film réussi dans le genre (c'est quand même un film fait en pensant notamment à La Cérémonie, de Chabrol) il y a un choix à faire. Sinon ça donne une oeuvre ou le spectateur ne prend pas. Un film des gens sortent de la salle juste alors parce que le sang lui fait peur, ou le sujet voulu assez provoc lui est insupportable. A mon sens, pour faire un vrai bon film il ne suffit pas de bonnes ou de mauvaises intentions.


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