J'ai hésité à mettre en ligne le remaniement de l'introduction du roman. C'est un travail en cours, mais je pense posséder la version définitive de la 1ère page -qui est capitale puisqu'en gros, à moins de posséder un passe droit quelconque, un manuscrit envoyé par la poste sera lu de la façon qui suit : 1ère page, dernière page et un passage pris au hasard vers le milieu. Tout avis est bien entendu le bienvenu, quel qu'en soit l'émetteur.
"La maladie s’est déclarée de façon insidieuse, gagnant par palier l’organisme psychique, neurone par neurone, synapse par synapse, pour venir gangrener l’organisme tout entier dans sa réalité psychique et extérieure. L’étiolement -paradoxe de se présenter comme une spectaculaire amélioration d’être, dans l’énergie, l’aisance Maîtrise de toutes les facultés –un éclat certain. En vérité un éclatement de la personnalité, une violente déflagration, effondrement de toutes les défenses précieusement acquises au fil de 24 ans. De ci, de là les morceaux/décombres/débris se rassemblèrent comme la marche arrière d’une séquence/image filmique, se reconstituèrent, cicatrisant, reliant les fibres de tissus de façon serrée pour former un ensemble certes homogène mais catastrophique -à vif et torturé. Rien de tout cela n’était visible. N’était perceptible qu'un semblant trompeur, parfaitement illusoire, de beauté, de syntonie.
Les symptômes : une formidable vitalité. La suite pourtant logique : l’hyperactivité, puis un état maniaque. Une facilité soudaine à se sentir bien où qu’elle fut –je dis elle, je dis : Rachel- créer des liens, parvenir à ses fins, atteindre des buts jusqu’alors restés hors de portée. Etat initial prodigieusement inversé. Timidité transformée en sociabilité, en adaptabilité -capacité à manifester son être en harmonie avec le reste environnant. Sociabilité, aisance à prendre la parole en public, assurance, mise à disposition des acquis jadis handicapés : intelligence, beauté jusqu’alors entravés. Emprise de la cocaïne disaient certains. Economie de cocaïne corrigeaient les autres. Les autres avaient raison ? C’était tout aussi intense que le 1er rail de cocaïne, avec pour différence que le déclin ne survenait pas -pas encore. Comme le plus haut d’un rail de coke en permanence. H 24. Cocaïne qu’elle n’avait jamais touchée, à peine vue. Rachel vierge de substance illégale, quelques broutilles mises à part. Elle ne buvait pas, lors –une admirable ascèse- et sa tabagie n’avait pas débutée. Nouvel état déclenchant justement addictions restées hypothétiques et normalement impossible -entre autre sauterelles. Et Rachel de se croire en l’état le plus clean qui soit, rien à signaler dans les analyses -freudiennes mises à part. On disait Rachel résiliente, résistante, résistante à tout dérèglement –tant de choses innommables, tant de faits résumables au-delà du concevable étaient venues frapper, l’avaient laissée intacte.
Mais.
Mais on avait touché au cœur symbolique et sanglant. Inconscient maladroitement manipulé : le docteur Abzé avait laissé des trous béants, de vertigineux vides, déplacements des défenses -intervention bâclée. Donc réaction en masse. Dérèglement. Des systèmes de secours s’étaient lors mis en place. Urgence de rééquilibrer le tout. Sauver au possible. Maintenir une structure menacée. Faire ce qu’on pouvait. Et pour ce déclencher un état maniaque. C’était si bon si dangereux. Elle ne se rendait compte de rien. Retranchée en Anosognosie –sans psychose pourtant –une question de structure. Elle courait droit à sa perte tel le camé novice qui se sent si bien et semble si cool et en forme aux yeux naïfs de tout bon néophyte. Sauf que droguée, elle n’était pas. C’était pire. Elle s’auto prodiguait l’élixir dangereux, issu de son soma -son propre refoulé désormais explosé alimentait la jeune fille dans cet état nouveau –bien maintenus les nerfs. Elle ne se rendait compte de rien. Se sentait bien mieux oui : tout semblait si facile. Tachypsychie triomphante de jour en jour plus grande. Aucun obstacle à cela. Evolution par trop soudaine dont Rachel n’avait pas relevé le singulier changement. Intellligence astucieuse renonçant à prendre note –contentée de tourner à vide. Tout allait si vite, elle n’avait pas le temps de tout analyser, trop occupée à vivre. "


3 commentaires:
Bon allez jme lance et j'y vais de mon petit commentaire. Je t'avais déjà dit de vive voix avoir beaucoup aimé ce que j'appelle le côté organico-psychique de cet extrait, mais comme ce ne sont pas les compliments qui font avancer voilà les petites choses qui me paraissent un peu gênantes à la lecture:
1) "En vérité/réalité un éclatement de la personnalité" -> autant ce système me parait justifié dans la suite, autant ici les deux mots me semblent trop proches pour qu'on aie pas l'impression qu'il y aurait eu un choix à faire entre ces deux mots et que tu n'as pas réussi à te décider.
2) "N’était perceptible que un semblant trompeur" -> c'est sans doute une erreur de frappe le "que un" au lieu de "qu'un", mais je le signale quand même au passage :p
3) "Une facilité soudaine à se sentir bien où qu’elle soit/fut " -> même remarque qu'en 1)
4) "On disait Rachel résiliente, résistante/résistante à tout dérèglement" -> là j'arrive pas à savoir si c'est fait exprès ou si c'est une erreur, mais le slash me pose pb...
5) "Des systèmes de secours s’étaient lors mis en place." -> un plus simple " alors" me semblerait plus fluide.
Voilà, j'espère avoir aidé un peu :)
Tu fais bien... N'hésite pas... Comme je l'ai indiqué tout commentaire ou avis est le bienvenu, c'est fait pour.
Par ailleurs il est vrai que question de manque de temps (je souligne tout particulièrement certains de mes post) on trouve des fautes de frappes, d'inattention et autres. C'est vrai qu'un blog est plus qu'un boulot à plein temps, et que voulant échapper à la chronophagie de la toile je faute bien souvent. En même temps, faut savoir ce qu'on veut, ne serait ce que par respect pour les gens qui nous lisent, même si, soit dit en passant (je pense à quelques exemples précis) d'aucun écrivains/écrivant publiés de surcroît commettent des posts plein de fautes sur leur blog ; c'est loin d'être une excuse ni un exemple à suivre.
En tout merci car je préfère la franchise à la flagornerie...
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