Yop yop yop le roman a fini par prendre sa forme quasi définitive, travail de Titan que de faire vivre décemment une centaine de personnages, trois styles d'écriture différents et une époque allant des années 70 aux années 2005. D'ailleurs c'est la dernière fois que j'en parle, parce que maintenant qu'il existe, le mieux c'est que les gens le lise. Il n'y a rien à dire autour d'un roman, d'un film, d'un tableau. Il faut lire, il faut voir, et basta.

Je me rend compte de la fragilité du statut de l'écrivain en prenant connaissance du "scandale" Max Monnehay / Gilles Cohen Solal. Monnehay pourtant, n'est pas un produit littéraire mais un vrai écrivain avec un style, des sujets -qu'on peut certes rapprocher d'Amélie Nothomb mais justement c'est déjà bien d'arriver à ce niveau là. Aussi j'espère que Max M. trouvera/a trouvé un autre éditeur, plus conscient de la pureté du talent de la fille que du potentiel commercial qu'elle peut dégager -il faut vraiment ne pas avoir lu Monnehay pour lui commander un recueil de nouvelles érotiques.
Dans le fait de vie littéraire Chloé m'a clouée en confiant qu'elle larguait les amarres avec son mari, par volonté de cohérence avec ce qu'elle a écrit sur l'autofiction.

Sinon, Lucien Ginsburg aka Gainsbourg me tourne souvent en tête et pour cause. Pas mal fan de Sfar, inconditionnelle de Gainsbourg, j'attendais ce film depuis un an, et forcément, il déçoit. J'en ai parlé là et là. Mais il marquée -beaucoup même. On peut se replonger à loisir dans le film via ce livre -qu'on m'a offert et qui est très intéressant une fois le film vu -sinon, avant le visionnage, c'est un spoiler absolu. Mais surtout le film donne envie de se replonger dans l'oeuvre immense du Serge, dans ses biographies : aucun film ne sera plus intéressant que la fiction que l'admirateur projette sur lui. Gainsbourg, c'est un peu l'idéal artistique absolu : compositeur, parolier, chanteur, acteur, écrivain, cinéaste, photographe, peintre, publicitaire. Quand je pense à une illustration vivante de l'intelligence, je pense à lui.
Sinon, 3515 ma vie, de retour depuis 13 jours dans la vraie vie, après 3 mois pas mal coupée du monde, malgré le travail, malgré les voies dites de communication. C'est un peu comme de rentrer de prison -quoi que bien sûr la prison ce doit être forcément pire. Mais il y a de ça. On retrouve les gens différents. On perçoit le monde avec une sorte de distance. On a passé 3 mois complètement ailleurs, et les autres, les si proches, les dits meilleurs amis ne s'aperçoivent pas de ce que cela a pu coûter ou modifier intérieurement. Ce qui me choque, c'est combien les gens peuvent suivre des schémas tous tracés, s'engourdir dans le matérialisme, être spectateur et non acteur de sa vie. Les projections fictives qu'ils puissent faire d'autrui. Je pensais cela à 12 ans et je le pense encore : comment peut-on concevoir comme idéal de bonheur d'être juste un pion parmi les autres, dans le ronron embourgeoisé ? Un idéal dicté par les publicitaires : couple, maison, bébé, consommation. Et en rester là. Et ne pas créer. Et assister aux créations des autres -être un jacky ou un bobo qui va au ciné, lit des livres, va aux concert, lit des revues sur les "personnes supérieures" -les "connus"- et continuer d'enrichir le troupeau.
Un ami m'avait dit : "La maison en lotissement c'est ce qui nous guette tous." Bah pas moi. N'ai jamais connu ce modèle chez mes parents ni mes grands parents. N'ai jamais eu de parents mariés, n'ai jamais su me contenter, pas plus à 10 ans qu'à 30, de superficiel, et ai toujours eu une répulsion du prosélytisme du conformisme, qu'il soit bourgeois ou non. Le plus drôle c'est que ce sont les plus trash -les anciens gros rebelles, car la rébellion est un conformisme de l'adolescence- qui se conforment le plus facilement et le plus rapidement.
La société est si conpressante qu'elle s'ingénie à tapper sur les clous qui dépassent. Les insoumis. Ceux qui ne se conforment pas. Comme elle est grande la pression sur celui qui ne fait pas comme les autres à l'âge où ça se fait.
Être par les schémas pré conçus et tout prêts ? Non merci. Être spectateur de la vie des autres -oh le beau livre, oh le beau film, oh le super concert, oh je suis à la mode- ? Encore moins. Ou plutôt : certainement pas.

Autre chose aussi : l'amitié est friable. C'est pas nouveau. Le vécu d'exception (d'exception ne veut pas dire génial mais bien hors norme) effraie. On ne choisit pas d'être orphelin, d'avoir vécu l'inconcevable, qu'il soit glauque ou sublime, d'avoir la vie de Polanski, Marilyn ou Bambou. Il est un seuil où l'oreille siffle. Les gens qui rentraient des camps, le baron d'Empin qui rentre de son rapt, on ne lui pause pas de questions. Car ce qu'ils pourraient dire pourrait faire mal. Peur surtout. L'irreprésentable de Bataille est le réél de certains. D'aucun me reproche de ne jamais me confier. D'autres tremble si, après qu'ils m'y aient convié, je raconte. Et une fois qu'ils savent certaines choses il font comme si de rien n'était car il leur faut se préserver. Je crois depuis longtemps que le plus périlleux est de se confier. Et contrairement à Garétta, ma chère ex prof, je ne crois pas que l'aveu ultime soit l'aveu sexuel mais l'aveu d'affect. Il y a quelque chose d pathétique dans cette société occidentale qui a substitué la psy (quel qu'en soit la terminaison) à l'amitié ou à la mystique. Ce n'est plus à l'ami ou à Dieu que l'on doit livrer sa sensibilité, ses cicatrices, mais à quelqu'un qui loue ses oreilles. C'est un exemple que Foucault utilisait pour illustrer l'aberration dans son Histoire de la sexualité. Je l'utilise pour la confidence, car la vérité n'intéresse ni vos amis ou votre famille. La société occidentale prône de se protéger, d'échapper à sa famille, aux autres, chacun pour soi et Dieu pour personne. Les occidentaux, pour la plupart, se voient pour échanger autour de la consommation (regarde la nouvelle voiture que j'ai acheté), leur nombril (regarde mes photos de vacances), leur boulot (oh je suis stressé en ce moment). Pour les classes les plus cultivées, c'est l'art qui s'ajoute à ça (oh j'ai vu le dernier film de Trucmuche). C'est plutôt vain, pas mal frustrant,mais s'ils appellent cela le bonheur, grand bien leur fasse, mais dans ce cas, ce sera sans moi. Du coup, en ce moment, à avoir une vie sociale, je préfère travailler à l'instant optimal, à la création, fut-elle vaine ou nulle, c'est autrement plus grisant que de chercher ailleurs si on y est. les tasses de thé, très peu pour moi.
Je crois que ma vocation depuis l'enfance c'est vieux ronchon à la Céline avec son Bébert. Car oui, les chats, c'est vachement important.

Je me rend compte de la fragilité du statut de l'écrivain en prenant connaissance du "scandale" Max Monnehay / Gilles Cohen Solal. Monnehay pourtant, n'est pas un produit littéraire mais un vrai écrivain avec un style, des sujets -qu'on peut certes rapprocher d'Amélie Nothomb mais justement c'est déjà bien d'arriver à ce niveau là. Aussi j'espère que Max M. trouvera/a trouvé un autre éditeur, plus conscient de la pureté du talent de la fille que du potentiel commercial qu'elle peut dégager -il faut vraiment ne pas avoir lu Monnehay pour lui commander un recueil de nouvelles érotiques.
Dans le fait de vie littéraire Chloé m'a clouée en confiant qu'elle larguait les amarres avec son mari, par volonté de cohérence avec ce qu'elle a écrit sur l'autofiction.

Sinon, Lucien Ginsburg aka Gainsbourg me tourne souvent en tête et pour cause. Pas mal fan de Sfar, inconditionnelle de Gainsbourg, j'attendais ce film depuis un an, et forcément, il déçoit. J'en ai parlé là et là. Mais il marquée -beaucoup même. On peut se replonger à loisir dans le film via ce livre -qu'on m'a offert et qui est très intéressant une fois le film vu -sinon, avant le visionnage, c'est un spoiler absolu. Mais surtout le film donne envie de se replonger dans l'oeuvre immense du Serge, dans ses biographies : aucun film ne sera plus intéressant que la fiction que l'admirateur projette sur lui. Gainsbourg, c'est un peu l'idéal artistique absolu : compositeur, parolier, chanteur, acteur, écrivain, cinéaste, photographe, peintre, publicitaire. Quand je pense à une illustration vivante de l'intelligence, je pense à lui.
Sinon, 3515 ma vie, de retour depuis 13 jours dans la vraie vie, après 3 mois pas mal coupée du monde, malgré le travail, malgré les voies dites de communication. C'est un peu comme de rentrer de prison -quoi que bien sûr la prison ce doit être forcément pire. Mais il y a de ça. On retrouve les gens différents. On perçoit le monde avec une sorte de distance. On a passé 3 mois complètement ailleurs, et les autres, les si proches, les dits meilleurs amis ne s'aperçoivent pas de ce que cela a pu coûter ou modifier intérieurement. Ce qui me choque, c'est combien les gens peuvent suivre des schémas tous tracés, s'engourdir dans le matérialisme, être spectateur et non acteur de sa vie. Les projections fictives qu'ils puissent faire d'autrui. Je pensais cela à 12 ans et je le pense encore : comment peut-on concevoir comme idéal de bonheur d'être juste un pion parmi les autres, dans le ronron embourgeoisé ? Un idéal dicté par les publicitaires : couple, maison, bébé, consommation. Et en rester là. Et ne pas créer. Et assister aux créations des autres -être un jacky ou un bobo qui va au ciné, lit des livres, va aux concert, lit des revues sur les "personnes supérieures" -les "connus"- et continuer d'enrichir le troupeau.
Un ami m'avait dit : "La maison en lotissement c'est ce qui nous guette tous." Bah pas moi. N'ai jamais connu ce modèle chez mes parents ni mes grands parents. N'ai jamais eu de parents mariés, n'ai jamais su me contenter, pas plus à 10 ans qu'à 30, de superficiel, et ai toujours eu une répulsion du prosélytisme du conformisme, qu'il soit bourgeois ou non. Le plus drôle c'est que ce sont les plus trash -les anciens gros rebelles, car la rébellion est un conformisme de l'adolescence- qui se conforment le plus facilement et le plus rapidement.
La société est si conpressante qu'elle s'ingénie à tapper sur les clous qui dépassent. Les insoumis. Ceux qui ne se conforment pas. Comme elle est grande la pression sur celui qui ne fait pas comme les autres à l'âge où ça se fait.
Être par les schémas pré conçus et tout prêts ? Non merci. Être spectateur de la vie des autres -oh le beau livre, oh le beau film, oh le super concert, oh je suis à la mode- ? Encore moins. Ou plutôt : certainement pas.

Autre chose aussi : l'amitié est friable. C'est pas nouveau. Le vécu d'exception (d'exception ne veut pas dire génial mais bien hors norme) effraie. On ne choisit pas d'être orphelin, d'avoir vécu l'inconcevable, qu'il soit glauque ou sublime, d'avoir la vie de Polanski, Marilyn ou Bambou. Il est un seuil où l'oreille siffle. Les gens qui rentraient des camps, le baron d'Empin qui rentre de son rapt, on ne lui pause pas de questions. Car ce qu'ils pourraient dire pourrait faire mal. Peur surtout. L'irreprésentable de Bataille est le réél de certains. D'aucun me reproche de ne jamais me confier. D'autres tremble si, après qu'ils m'y aient convié, je raconte. Et une fois qu'ils savent certaines choses il font comme si de rien n'était car il leur faut se préserver. Je crois depuis longtemps que le plus périlleux est de se confier. Et contrairement à Garétta, ma chère ex prof, je ne crois pas que l'aveu ultime soit l'aveu sexuel mais l'aveu d'affect. Il y a quelque chose d pathétique dans cette société occidentale qui a substitué la psy (quel qu'en soit la terminaison) à l'amitié ou à la mystique. Ce n'est plus à l'ami ou à Dieu que l'on doit livrer sa sensibilité, ses cicatrices, mais à quelqu'un qui loue ses oreilles. C'est un exemple que Foucault utilisait pour illustrer l'aberration dans son Histoire de la sexualité. Je l'utilise pour la confidence, car la vérité n'intéresse ni vos amis ou votre famille. La société occidentale prône de se protéger, d'échapper à sa famille, aux autres, chacun pour soi et Dieu pour personne. Les occidentaux, pour la plupart, se voient pour échanger autour de la consommation (regarde la nouvelle voiture que j'ai acheté), leur nombril (regarde mes photos de vacances), leur boulot (oh je suis stressé en ce moment). Pour les classes les plus cultivées, c'est l'art qui s'ajoute à ça (oh j'ai vu le dernier film de Trucmuche). C'est plutôt vain, pas mal frustrant,mais s'ils appellent cela le bonheur, grand bien leur fasse, mais dans ce cas, ce sera sans moi. Du coup, en ce moment, à avoir une vie sociale, je préfère travailler à l'instant optimal, à la création, fut-elle vaine ou nulle, c'est autrement plus grisant que de chercher ailleurs si on y est. les tasses de thé, très peu pour moi.
Je crois que ma vocation depuis l'enfance c'est vieux ronchon à la Céline avec son Bébert. Car oui, les chats, c'est vachement important.


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