vendredi 13 juillet 2012

Quand Asia Argento parle de Leos Carax


Photo d'Asia que j'ai prise à Cannes -mai 2012


Longtemps, je me suis demandé qui était ce mystérieux réalisateur français dont parlait Asia Argento dans son bouquin "Je t'aime Kirk". Vu les initiales données A.M, ce n'était pas évident. Mais pourtant, sans rien savoir de Carax, sinon son âge, j'ai pensé à lui à l'époque. Maintenant, et bien que Carax fasse tout pour que rien de lui de filtre, c'est averré : le prénom commençant par A., la description physique, le chien tacheté, le chat gris, fan des Dead Kennedys. Wouaw ! Vu que le contenu -chargé- de la nouvelle en question -qui s'intitule, en français dans le texte "Ange en danger"- ça me fait vraiment bizarre -comme d'avoir assisté, malgré moi, à quelque chose de très cru et d'intime que je n'avais pas besoin ni envie de voir, mais qui me reste en tête.

Ca me fait d'autant plus bizarre que j'ai croisé et Argento et Carax en mai dernier à Cannes, et qu'ils m'ont fortement impressionnés pour des raisons très différentes.


mercredi 30 novembre 2011

Parfois...

... je m'ennuie, alors je vais sur un site aussi fou que rigolo et je fais le parfait mélange de Jennifer Lopez et Eva Mendes. Bah ouais.

Parce que j'oublie toujours ce que j'ai lu...

Jean Tignol - Les défauts physiques imaginaires (ed Odile Jacob).
L'art d'avoir toujours raison - Schopenhauer (ed Circé/poche).
La perversion forme érotique de la haine - Robert J. Stoller (ed Science de l'homme Payot).
Pas d'enfant dit-elle... Les refus de la maternité - Edith Vallée (ed Imago).

vendredi 21 octobre 2011

Ce que dit Kadhafi au moment de sa mise à mort.


Que l'on s'entende bien : Kadhafi me faisait peur comme Mussolini ou d'autres me font peur lorsque je vois les images de leurs discours. Il a tué, il a violé, il fut un dictateur. Cependant je ne lui ai jamais souhaité la mort -personne ne mérite de mourir.

Mais quel ne fut pas ma stupeur, en rentrant d'un paisible voyage à New York, d'apprendre d'une part la mort de cet homme puis de voir les écran envahi de la pire scène d'horreur qui soit. Quelque chose qui vraiment m'a déchiré et me déchire encore le coeur.

Je me demandais ce que criait ce pauvre homme -car il n'était plus qu'un pauvre homme, en position vulnérable et terrorisée- à ces frénétiques bouchers qui s'amusaient de le lyncher. Et il me semble important de l'écrire car je n'en ai lu la traduction nulle part -dans les médias occidentaux.

"Haram alikoum" ("c'est un péché ce que vous faites") ne cessait-il de répéter ou plutôt d'implorer tandis qu'il se vidait de son sang et qu'on l'on malmenait. Et c'est exactement ce que j'ai pensé. Oui, et blasphématoires ces gens qui crient "Dieu est grand" tandis qu'il torturent un homme jusqu'à ce que mort s'en suive. Meurtre cruel, barbare, si vil que les mots ne peuvent en rendre compte. Une mise à mort si atroce qu'elle font paraître la pendaison ou toute mort instantanée pour un sort plus clément. Ces hommes (?), tout d'allégresse sauvage et sanguinaire qui scandent que "Dieu est grand" ? Dieu ne souhaite pas la mort de ses créatures. Le décalogue n'est pas présent dans le Coran tel que dans l'ancien testament, mais on y trouve nombre d'équivalent, telle que cette sourate : "Tuer une âme est comme tuer tout le monde et aider à sauver une âme est comme avoir sauvé tout le monde". Et il n'est pas besoin d'être croyant, mais juste humain, voire animal pour éprouver de la compassion pour son semblable, à savoir, ici, une créature blessée.

Voici ce que j'ai instantanément écrit en voyant ces images tourner à la télévision : "Aucun homme, fut-il le diable, ne mérite de mourir dans l'indignité. Les images, choquantes, comme celles de Nicolae Ceausescu et de sa femme abattus au sol, ne jouent pas, dans l'inconscient collectif, en faveur des révolutionnaires. Cela inverse les rôles et fait oublier les monstrees qu'ils furent. Ca me fait penser à la description de la mort de Robespierre. M.K est mort de la même façon que ses victimes, mais est-ce juste de s'abaisser à son niveau ? Je ne pense pas. Autre chose : à l'époque de la sentence de Saddam Hussein, on avait le choix ou non de voir son exécution. J'avais choisi de ne pas la voir.Ici, non, pas le choix et les images sanglantes sautent au visage.

mercredi 1 juin 2011

Alors c'était comment Cannes 2011 ?


Mieux, bien mieux que l'année dernière et de tout point de vue ; d'abord il y avait la sélection officielle : rien à voir avec l'année dernière, où les films étaient moyens ou tiédasses ; en 2011, il n'y avait, pour ainsi dire, que du chef d'oeuvre. Et c'était même "dur" d'un certain point de vue de tenir la route : se prendre 3 chefs d'oeuvre dans la gueule en un jour ne laisse pas l'inconscient indifférent.

D'abord, il y a eu Sleeping Beauty. Ce film australien parle d'une belle jeune fille étonnamment détachée d'elle-même. Celle-ci accepte comme "petit boulot" de sombrer dans un sommeil des plus profond pendant que des hommes la manipulerons sans que pour autant il y ait de rapports sexuels. Je sais, le pitch semble étrange, mais c'est justement l'étrange, et le suréalisme du film qui sont précieux. La mise en scène est sublime -cadre, photo, tout ce que tu veux- c'est froid et méticuleux comme un film japonais.

Le même jour, 1er jour du festival, j'avais vu le Woody Allen, Midnight in Paris, très recommandable, dont il ne faut rien dire sous peine de le "spoiler" -mais on peut qu'on même dire que c'est LE film où l'on aperçoit Carla Bruni -sa présence est vraiment anecdotique.
Sinon : We need to talk about Kevin, adaptation d'un roman malaisant. Le film est tout aussi malaisant, et très réussi, très pictural ; on part de l'abstrait au niveau des images, pour que tout s'élage peu à peu. Le film fait, de manière virtuose, des passages de plusieurs passés au présent. L'histoire ? La mère d'un -très jeune- criminel et ses rapport amour/haine avec lui. Ou comment l'instinct maternel n'est qu'une vaste fumisterie.

Il y a aussi Polisse de Maïwenn -qui ne veut plus qu'on l'appelle Le Besco. Pour la petite histoire, je connais Maïwenn, ou plutôt j'ai connu : son père était l'un des meilleurs amis de mon grand-père. La dernière fois que j'ai vu ce monsieur, c'était chez lui, et il y avait à la table l'autre star Le besco, à savoir Isild et aussi Jowan -qui parlent breton mieux que moi et ne communiquent avec leur père que dans cette langue. Le père Le Besco a passé beaucoup de temps de sa vie à côtoyer mon grand-père, mais aussi ma mère, mes oncles et même les cousins de mes oncles, y compris quand ses filles avaient fait leur carrière. Tout ça pour vous dire que quand j'ai vu Pardonnez-moi, de Maïwenn donc, j'ai été estomaquée, car le père Le Besco est présenté sous un jour que je ne lui connaissais pas -et personne d'ailleurs- mais j'ai aussi adoré le film -c'est un film à voir absolument. Bref c'est toujours assez troublant d'être en contact avec le clan Le Besco car il y a les souvenirs personnels que l'on en a, et les visions cinématographique qui s'y superposent : les deux filles ont parlé de leur enfance particulière, chacune de manière radicalement différente ; a priori elles n'ont pas les mêmes souvenirs ; mais ça, ça s'appelle la subjectivité. Polisse, donc, est un tr'ès bon film, différent de tout ce qu'on peut imaginer, avec, pour sujet, la brigade de protection des mineurs. Comme Maïwenn a bossé sur le scénar avec la subversive et talentueuse Emmanuelle Bercot, on pouvait s'attendre à du super trash -Bercot n'en a pas peur, elle adore même, et Maïwenn est une cinéaste rentre-dedans. Le sujet était hyper casse-gueule car en gros, la brigade des mineurs traite de la pédophilie, de la maltraitance sur enfant etc... Maïwenn, sur ce plan-là, tire magistralement son épingle du jeu. C'est du cinéma vérité, avec un casting homérique : Karine Viard, Joeystarr, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, Sandrine Kiberlain, Jérémie Elkaïm... D'ailleurs Joeystarr est le meilleur acteur du monde, pour ainsi dire, et n'en déplaise à ceux qui ne l'aime pas : super crédible en flic tendre, il a tout : il joue bien, il est cinégénique, il a de la présence, quand il improvise c'est du Audiard moderne, il est ambigu -sensible et "énervé" à la fois ; bref il aurait pu avoir le prix d'interprétation. Je recommande à tout le monde de voir Polisse, car c'est un bon film, qui traite d'un sujet inédit, avec un super direction d'acteur avec un casting haute tenue. Cependant, la fin, et surtout le choix de mise en scène à la fin, avec du numérique qui se voit et fait tâche pour un film si réalise, gâche un peu l'ensemble qui aurait été parfait sinon. Mais bon, il méritait indéniablement un prix. Pour l'anecdotique, et pour ceux qui connaissent déjà la filmo de Maïwenn, dans le film il y a Mr Le Besco père -présence assez étonnante pour plusieurs raisons : il était passé au vitriol dans Pardonnez moi, donc il aurait pu en tenir racune, il y a aussi le fait que ce monsieur n'aime pas le cinéma, le spectacle, tout ça.

Quel dommage que Lars Von trier ait voulu faire son choquant à la conférence de presse. Bah oui, il n'était pas avec des potes qui comprennent le 36eme degré, et, ayant des enfants de confession juive, il doit les aimer un tant soit peu non ? Oui quel dommage, car il est viré à vie du festival de Cannes, sans qui il n'existerait pas, ou si peu, et, last but not least, il avait, il a fait un CHEF D'OEUVRE qui pour une fois n'utilisait pas l'agression psychique du spectacteur. Melancholia est un pur film, d'une beauté inouïe, Kirsten Dust et Charlotte Gainsbourg et Rampling sont sublimes, les deux sujets (la dépression mélancholique/la fin du monde) sont traités sublimement. Ce film aurait bien pu avoir la Palme d'Or, mais quel jury aurait osé lui attribuer La Palme après ses propos spécieux et spéciaux : personne, je crois.

Un film que j'attendais beaucoup : L'appolonide (souvenir de la maison close). Je n'ai pas été déçue. Hafsia Herzi est super bien dirigée -il faut le noter car il est vrai qu'en temps normal elle parle super vite, super fort avec des fois un accent de Marseille et des fois non- ; le casting est top (la star italienne Jasmine Trinca, celle que tout le monde trouve belle et talentueuse : Adèle Haenel, la très sympa Noémie Lovsky, et la rebelle Céline Sallette... je ne cite pas tout les noms mais ce groupe de femmes belles et intelligente, dans un siècle décadent et en déclin est tout bonnement d'une beauté vénéneuse, vénéneuse car Bonello aime à déranger le spectateur, et c'est aussi réussi de ce point de vue -en gros il a traité d'un sujet qui l'a fait cauchemarder pour refiler le bébé au spectateur et c'est gagné -pour vous donner un indice, ça a trait à Victor Hugo et ça avait été traité dans l'horrible Dahlia Noir, qu'il soit d'Elroy ou de De Palma.

J'ai usé mes mains à applaudir Pater, le film d'Alain Cavalier avec Vincent Lindon, ne leur présence. Pater est un film audacieux, très audacieux. Trop "réaliste" en temps normal pour que j'y adhère, mais là, la magie est présente, le "couple" Cavalier/Lindon marche super bien, l'actualité politique -puisqu'il en est question- fait écho à certains événements récents. Le film est aussi très drôle en plus d'être osé au niveau stylistique et on passe un super moment.
Tree of life de Terence Malick est un très beau film, qui méritait bien la palme -bien que j'eusse trouvé Sleeping beauty, voire We need to talk about Kevin aussi bien. C'est un film qui traite du Divin, rien que ça, il en parle bien, quand on a un soupson de croyance ou d'agnosticisme en soi ça touche en plein coeur. Ca parle de l'infiniment petit et de l'infiniment grand -Dieu mais aussi le cosmos ; c'est aussi un film trip, à la 2001, l'Odyssée de l'espace. Un film qui engendre l'adhésion -totale- ou le rejet absolu. Double tranchant donc.
Sinon La source des femmes : film tourné dans un village au Maroc et parlé en marocain dialectal, avec les 3 Grâces : Hafsia Herzi, Leïla Bekhti et Sabrina Ouazani : un film très plaisant, voir jubilatoire, mais pas un chef-d'oeuvre -attention cette remarque n'a rien de péjoratif, c'est juste qu'après avoir vu des film à tomber sur le sol, d'autres, très bons, nous paraissent fades à côté.
Le film d'Almodovar, La peau que j'habite, est moyen, bien que le twist en milieu de film est hallucinant et la fin très belle. Et puis je trouve ça moyen, justement, de traiter de sujet si graves que sont le viol ou la folie avec tant de désinvolture.
En rentrant dans ma ville je me suis regardé Le gamin au vélo, des frères Dardenne, et je ne comprends pas le choix du jury : le film est anodin, on a l'impression que les Dardenne tournent en rond a vouloir toujours être dans le même créneau. Ca se regarde, mais ça n'émeut pas, ça ne choque pas, ça ne touche pas. D'aucune manière. Un bon film sans conséquence, donc.
Sinon contrairement à la personne qui m'accompagnait à Cannes, je n'ai pas vu The Artist. J'ai vraiment hâte de le voir, bien qu'il n'ait pas plus à mon "collègue" -qui, n'a, de toute façon pas les mêmes goûts que moi.
Sinon oui j'ai vu Uma Thurman, Jude Law, Robert de Niro, Johnnny Depp, Penelope Cruz, Jane Fonda, Faye Dunaway, Vahina Giocante, Antonio Banderas, Pedro Almodovar de tout près et plusieurs fois. J'ai même vu quelqu'un qui n'avait rien à foutre là : Guiseppe, de Qui veut épouser mon fils -séquence fous rires.
La soirée consacrée à Belmondo réunissait un beau casting côtoyé de super près aussi : Marielle (Kénavo) Rochefort, Samy Naceri, Dupontel, Claudia Cardinale... etc etc. Et bien sûr Jean-Paul Belmondo himself. C'était très très émouvant -comme j'ai d'ailleurs entendu le dire Rochefort.
Sinon non je n'ai pas fait de soirées : les soirées tu les passe devant un film et après le film il est souvent 2 heures du matin et tu préfère être en forme pour le lendemain pour encore voir d'autres films. Il faut choisir entre le superficiel et sa Passion.

samedi 7 août 2010

Ecrire

Ecrire. Ecrire pour soi, non pour la gloire.

Sabine de Philippe Faucon


J'ai pu enfin voir ce film que je convoitais depuis mes 12 ans -notamment parce que les Cahiers du cinéma en avaient dit le plus grand bien mais aussi et surtout -à l'époque- parce que l'héroïne avait le même âge que moi. Sabine est un très bon film, très rare aussi. Il parle de la descente aux enfers d'une toute jeune fille avec pudeur et sobriété.
Il est étonnant qu'on ne parle pas plus de son auteur, qui a commis le génial Samia, un pur chef-d'oeuvre, d'autant que Faucon réunit des qualités artistiques qui nous rappelle Pialat ou, plus récemment, Kechiche. Etrange aussi que l'actrice principale, Catherine Klein, qui ressemble beaucoup à Kate Moss -mis à part les cheveux- et dont le jeu est prenant, n'ait pas fait plus parler d'elle.
Je ne peux que recommander à quiconque de voir ce film magnifique.